La cour d’assises du Lot-et-Garonne a rendu son verdict lors de ce dernier jour du procès du meurtre de Séverine Béziat. Claude Olivier a été reconnu coupable du crime et a été condamné à vingt ans de réclusion...
La cour d’assises du Lot-et-Garonne a rendu son verdict lors de ce dernier jour du procès du meurtre de Séverine Béziat. Claude Olivier a été reconnu coupable du crime et a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Lors de l’audience, les moult débats n’ont jamais réussi à mettre en évidence les raisons exactes de son passage à l’acte criminel.
Impassible. Imperturbable. Stoïque. Les adjectifs ne manquent pas pour tenter de cerner Claude Olivier tout au long des trois jours d'audience. Ce mercredi 24 juin, la cour d'assises du Lot-et-Garonne l'a reconnu coupable du meurtre de Séverine Béziat. Là encore, même à l'annonce de sa lourde peine, son visage n'a pas bougé d'un iota.
La cour et les jurés se sont alignés sur les réquisitions de l'avocat général, formulées le matin même. L'homme de 52 ans a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle. Il a aussi hérité d'une interdiction de séjour dans le Lot-et-Garonne et le Gers pendant dix ans.
Une annonce mal digéréeDans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2023, au niveau de la commune de Sos, la mère de famille croise le quinquagénaire, un de ses amis. Tous deux s'avancent vers un chemin forestier. Ils y boivent une bière, fument quelques cigarettes, discutent. Dépressive depuis de nombreuses années, Séverine annonce à son compère qu'elle va devoir se faire hospitaliser prochainement.
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Elle ne le sait probablement pas, mais pour Claude, elle représente bien plus qu'une amie. C'est son amour de toujours. Le seul. Alors la nouvelle ne passe pas. Il bouillonne intérieurement. Il ressent des "palpitations", selon ses dires. Le Mézinais sort un couteau de sa poche et la poignarde à 39 reprises. Il place ensuite le corps à l'arrière du véhicule de son amie, qu'il conduit jusque devant chez elle, à Sainte-Maure-de-Peyriac. Elle est retrouvée le lendemain après-midi par son compagnon.
Des hypothèses multiples sur les raisons du crimeUne question fondamentale a guidé les débats pendant l'audience : pourquoi Claude Olivier a-t-il commis un tel acte ? Les hypothèses ont été avancées, discutées. Parfois contestées. Mais aucune n'a réellement refermé la brèche ouverte par ce crime. De quoi laisser un goût amer à la famille de la défunte. "Une audience est faite pour donner des réponses. Mais dans leur esprit, il n'y en aura peut-être pas", déplore maître Vincent Beux-Prère, avocat des parties civiles.
Même l'auteur des faits n'a pas su expliquer son passage à l'acte. "Savoir que je n'allais pas la voir pendant un moment, ça m'a perturbé, confesse le quinquagénaire. J'ai ressenti une colère, ça m'a fait quelque chose. Je me suis fâché, moi qui ne me suis jamais énervé de toute ma vie."
"Le sujet a déplacé sa frustration sur l'objet même de son désir"Les conclusions de l'expertise psychiatrique de l'intéressé sont formelles : aucune pathologie mentale n'a été décelée. "Le sujet a déplacé sa frustration sur l'objet même de son désir", relève l'expert. Selon Claude Derens, avocat général, l'accusé a sûrement agi par "dépit amoureux". "Le crime, c'est transformer sa détresse en toute-puissance. Claude Olivier a une vie pauvre, sans plaisir ni joie. Vous n'étiez pas aimé, monsieur, mais était-ce une raison pour la tuer ?"
En défense, maîtres Lorette Faby et Pierre Blazy ont plaidé pour une requalification des faits en "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner". "Porter 39 coups de couteau, est-ce le comportement d'une personne rationnelle ? Quel intérêt de tuer la femme qu'il aime si ce n'est de la folie ?", souligne Me Faby. "Pour tuer quelqu'un, il n'y a pas besoin d'autant de coups, poursuit son confrère. Quelques-uns auraient suffi. Alors il y a autre chose. Un dérèglement s'est produit."
L'intention d'interjeter appelLa cour et les jurés n'ont donc pas retenu cette lecture des faits. Toutefois, les conseils de Claude Olivier ont d'ores et déjà annoncé qu'ils avaient l'intention d'interjeter appel de la décision. La simple question "pourquoi" pourrait alors de nouveau être soulevée. Sans garantie qu'elle trouve finalement une réponse.