Six mois d’emprisonnement intégralement assortis d’un sursis simple ont été décidés par le tribunal judiciaire d’Agen, qui avait mis l’affaire en délibéré au vendredi 26 juin. L’ancien médecin avait, lors de son...
Six mois d’emprisonnement intégralement assortis d’un sursis simple ont été décidés par le tribunal judiciaire d’Agen, qui avait mis l’affaire en délibéré au vendredi 26 juin. L’ancien médecin avait, lors de son procès, affirmé que l’équipe soignante n’avait pas respecté le délai recommandé entre deux prises de comprimés.
Si la rancœur semblait être enterrée du côté de la partie civile, savoir la responsabilité du médecin engagée dans le drame qui les a bouleversés, en 2008, n'en demeurait pas moins essentiel. "Nous voudrions que cette erreur soit reconnue", exprimaient brièvement les deux fils de la victime devant le tribunal judiciaire d'Agen le 3 juin dernier, date à laquelle un ancien médecin anesthésiste, réanimateur et chef de l'unité de soins continus du pôle santé du Villeneuvois comparaissait pour homicide involontaire.
Près de vingt ans après les faits, "cette erreur", ou un surdosage médicamenteux ayant entraîné le décès de leur mère de 80 ans, a coûté à l'ancien praticien six mois d'emprisonnement entièrement assortis d'un sursis simple comme en a décidé la juridiction, dont le délibéré a été rendu ce vendredi 26 juin. L'homme qui a pris sa retraite en 2012 est aujourd'hui âgé de 79 ans.
La justice a donc définitivement attribué ce manquement au chef de service dans lequel l'octogénaire avait été admise, pour avoir rédigé la prescription du médicament à l'origine du surdosage mortel. Voué à soulager les douleurs de la patiente liées à une crise de goutte, le Colchimax, ingurgité en trop grande quantité et incompatible avec l'insuffisance rénale dont elle souffrait, avait été la cause d'une "atteinte médullaire sévère", dont a résulté le décès.
Cinq comprimés en trente heuresLa santé de la mère de famille avait décliné en l'espace de quelques jours après la réception de cette molécule, au point d'être transférée au sein du service de réanimation du centre hospitalier d'Agen. "L'initiative de mettre un terme au traitement n'a jamais été prise alors que les symptômes étaient là", regrettait la représentante du ministère public, qui avait requis le double de la peine privilégiée par le tribunal.
Comme l'ont révélé les investigations - les enfants de la victime ont saisi la justice après avoir été avisés qu'une erreur avait été commise - l'octogénaire s'est vu administrer cinq comprimés en trente heures. Ce qui relève de la "catastrophe" pour le médecin à la retraite, qui affirmait durant son procès que les modalités de la prescription qu'il avait rédigée n'avaient pas été respectées par l'équipe soignante, chargée d'assurer le suivi de la vieille dame.
"Je prescris trois comprimés en 24 heures. Cela ne signifie pas qu'avant le coucher du soleil, elle doit tous les avoir pris. Je n'ai pas demandé à ce qu'on lui donne cela comme des bonbons. Ce sont des ordonnances classiques qui sont rédigées pour avoir les médicaments. On doit ensuite les adapter continuellement", s'était-il défendu. Son conseil, Maître Louis Vivier, avait insisté sur l'absence de suivi des consignes par le personnel infirmier, intervenu après le mis en cause.