Diffusé le 3 août à 21 heures sur France 5, le nouvel épisode de "Sale temps pour la planète" plonge au cœur des Cévennes confrontées aux effets du dérèglement climatique. Un documentaire qui met en lumière un...
Diffusé le 3 août à 21 heures sur France 5, le nouvel épisode de "Sale temps pour la planète" plonge au cœur des Cévennes confrontées aux effets du dérèglement climatique. Un documentaire qui met en lumière un territoire contraint de réinventer son avenir.
Pendant plusieurs mois, Morad Aït-Habbouche a sillonné les Cévennes à différentes saisons. Pas question de concentrer le tournage sur quelques semaines : pour raconter un territoire, il faut le voir vivre. Le réalisateur du prochain numéro inédit de "Sale temps pour la planète", diffusé le 3 août à 21 heures sur France 5, revendique une méthode qui privilégie le temps long.
Le réalisateur a privilégié un tournage au fil des saisons afin de suivre les transformations du territoire au plus près du terrain.
Reproduction - France Télévisions
"Au départ, il y a une grosse préenquête", explique-t-il. Parfois il faut quatre à six mois pour identifier les enjeux, rencontrer les spécialistes, confronter les points de vue, et cela avant même que la première image ne soit tournée. Vient ensuite un tournage de vingt à vingt-cinq jours, réparti sur plusieurs mois afin de suivre les rythmes naturels. "On essaie d'être au plus près des thématiques. On se donne du temps, et c'est peut-être ça notre petite valeur ajoutée", résume le réalisateur.
Refuser le catastrophismeCette immersion permet de dépasser les seules images spectaculaires des inondations. Le documentaire montre des évolutions plus discrètes, mais tout aussi révélatrices : des châtaigneraies fragilisées par le stress hydrique, des pollinisateurs qui disparaissent, ou encore des épisodes cévenols dont la période s'allonge.
Les paysages cévenols offrent un décor spectaculaire, mais racontent aussi les mutations d'un territoire confronté à l'accélération du changement climatique.
Reproduction - France Télévisions
C'est d'ailleurs ce dernier constat qui a le plus surpris l'équipe. "On ne pensait pas que les épisodes cévenols, aujourd'hui, s'étendaient sur autant de mois", confie Morad Aït-Habbouche. Une évolution qui oblige désormais à repenser la prévention bien au-delà de l'automne traditionnellement associé à ces phénomènes. Pour autant, le réalisateur refuse le catastrophisme. Son objectif est d'abord de rendre ces mécanismes compréhensibles. "On essaie toujours d'être assez accessibles", insiste-t-il. Le documentaire multiplie ainsi les exemples concrets afin de montrer que le changement climatique ne relève plus d'une projection lointaine mais transforme déjà les paysages et les activités.
Au fil des images de ce film passionnant, une idée s'impose : les Cévennes ont toujours su s'adapter à leur environnement, mais la rapidité des bouleversements change désormais la donne. "Il ne suffit plus de s'adapter, il faut devenir adaptable", résume le réalisateur. Une formule qui dépasse le seul cadre du documentaire et interroge directement les choix d'aménagement, de prévention des risques et de préservation du patrimoine cévenol.