Alors que la cité du Jasmin, comme le reste de la France, vient de traverser une canicule historique, la transformation écologique d’Agen est portée par Amanda Sanz. Journaliste et désormais élue, elle mise sur la...
Alors que la cité du Jasmin, comme le reste de la France, vient de traverser une canicule historique, la transformation écologique d’Agen est portée par Amanda Sanz. Journaliste et désormais élue, elle mise sur la science et la volonté politique pour verdir durablement la cité du Jasmin. On vous raconte son histoire.
Amanda Sanz dit "douter". Cet état d’esprit, couplé à une nature réservée, l’a longtemps poussée à rester à l’ombre des mots. Jusqu’au jour où un genre de mantra est remonté à la surface : "La seule façon de changer les choses, c’est d’avoir une vraie volonté politique".
Journaliste de presse écrite, elle est aujourd’hui adjointe au maire d’Agen en charge de la transformation écologique, de la biodiversité, de l’adaptation au changement climatique et des espaces verts. Les mots sont choisis. "Depuis trente ans, on transitionne, précise-t-elle. Il est temps d’agir, de transformer".
Alors que la cité du Jasmin, comme le reste de la France, vient de traverser une canicule historique, elle est, au sein du conseil municipal, le visage du verdissement annoncé de la perle du Midi. Ici, le nouveau maire Laurent Bruneau défend "une écologie populaire et accessible".
Elle a repris ses études à 43 ansTout a pourtant commencé par un non : il y a deux ans, le futur édile d’Agen passe devant chez elle en courant. Il s’arrête, explique réfléchir à la création d’une cellule en vue des municipales. Si son compagnon, Jérôme Schrepf (1), est d’emblée intéressé, elle préfère demeurer en retrait. Le soir, à la maison, elle ne cesse cependant de l’interroger sur l’approche environnementale envisagée par le collectif. Elle finit par rejoindre l’aventure. Elle s’investit.
Le candidat, chef de file de la gauche, lui demande naturellement d’être sur sa liste. Elle refuse. Elle se souvient alors de Gilles Ramstein, ce paléoclimatologue qui répète à l’envi : "La seule façon de changer les choses, c’est d’avoir une vraie volonté politique". D'avoir du courage aussi... Son expérience de 2022 prouve qu’elle n’en manque pas.
Cette année-là, à 43 ans, cette mère de trois enfants, salariée chez Com’Presse (2), reprend ses études. Nommée rédactrice en chef adjointe des hors-séries de Science et Vie en 2021, cette diplômée de Sciences Po, fille d’une enseignante de français, avait eu le sentiment de ne pas avoir un bagage scientifique suffisant.
Mention TBElle se jette donc corps et âme dans un master Climat et médias à l’université Paris-Saclay en partenariat avec l’ESJ Lille. Les cours à distance impliquent des sacrifices au quotidien. Elle bosse. Elle apprend, écoute Gilles Ramstein. Elle obtient une mention TB.
Malgré ce succès, elle est toujours tenaillée par le doute. Elle confie un jour son trait de caractère à son confrère Yves Sciama. Le journaliste spécialisé dans l’environnement la rassure : "Un bon journaliste scientifique est un journaliste qui doute".
Un bon conseiller municipal est-il un élu pragmatique ? Elle n’est en tout cas pas dépourvue de ce sens de la réalité. Elle n’est ainsi pas opposée à la climatisation lorsqu’il s’agit de "protéger les personnes fragiles (anciens, adolescents, enfants) de la chaleur". L’ombrière qui sera installée boulevard de la République lors de la première quinzaine de juillet est, selon elle, "une solution d’urgence".
"Parce que cela ne cadrait pas avec mes valeurs"Comme elle l’a déclaré lors d’un conseil municipal, elle n’a pas en sa possession "les glands de Panoramix pour faire pousser des arbres" dans la seconde. L’écologie est une lutte contre le temps. "Elle est surtout une science, une étude des interactions des écosystèmes", sourit-elle, désormais aussi cartésienne que littéraire, les deux n’étant pas incompatibles. Durant le mandat d’Amanda, la science sera son socle pour poser les fondations du verdissement de la ville. Ce chantier de taille va demander du caractère.
Aussi "réservée" soit-elle, elle a toujours été déterminée comme le démontre cette anecdote : avant de travailler durant sept ans au journal Réussir Fruits et Légumes implanté à la chambre d’agriculture, la jeune femme, Agenaise de naissance, petite-fille de Lucien Falga, une des figures de l’histoire du SUA, avait effectué un stage dans une agence de communication à Toulouse. Il devait durer un an. Elle est partie au bout de trois mois. "Parce que cela ne cadrait pas avec mes valeurs".