En plein été 2026, des campings de Côte-d’Or aux plaines du Sud voient les annulations se multiplier sous une canicule proche des 40 °C. Entre seniors inquiets, petits établissements fragiles et séjours écourtés, la saison bascule.
Sur les allées presque vides de son camping de Saint-Jean-de-Losne, en Côte-d’Or, Pascale Billard compte les emplacements qui auraient dû être occupés. "Normalement à cette saison on devrait être à 100 % tous les jours et là on tourne à 65 % avec les annulations", raconte-t-elle dans un reportage de France 3 Bourgogne-Franche-Comté. La perspective de journées à près de 40 °C suffit à décourager des vacanciers déjà éprouvés par la chaleur. En outre, beaucoup de ses habitués "âgés, avec des problèmes de santé" lui téléphonent pour dire qu’ils "n'osent plus camper" sous cette fournaise et annulent des séjours de "quinze jours", ce qui ampute directement la trésorerie du petit établissement. Dans les moteurs de recherche, l’expression "canicule camping annulations" résume bien l’été 2026 : des températures souvent comprises entre 38 et 40 °C, décrites comme caniculaires par le site gouvernemental d’information, font renoncer une partie des campeurs.
Un été 2026 où le camping bascule sous 40 °CPour Météo-France, la canicule de juin 2026 a été qualifiée d'historique, avec plus de 40 °C relevés dans une grande partie du pays. En effet, sous tente ou en mobil-home mal isolé, ces valeurs transforment le séjour en épreuve, d’autant que les nuits restent chaudes. À Bayas, en Gironde, un reportage de TF1 Info montre des familles qui ont envisagé de repartir tant la chaleur était étouffante dans leur hébergement, avant d’organiser la journée autour de la piscine et des heures les plus fraîches.
En Bourgogne-Franche-Comté, des campings à 65 % de remplissageEn Côte-d’Or, la situation décrite par Pascale Billard n’a rien d’isolé. À quelques kilomètres, le camping d’Auxonne vit lui aussi au ralenti : "On a un manque de passage, dû à la canicule. Et puis on a les feux qui freinent tous les gens qui devaient descendre dans le Sud", décrit son propriétaire Philippe Bouvret, cité par la chaîne régionale. Il redoute déjà la prochaine vague de chaleur : "ça va être difficile d'être dans un camping en plein soleil avec 40 degrés."
Dans ce même reportage, un couple de cyclotouristes confie : "Partout où on est allés, peu importe la taille du camping, c'était loin d'être plein. On ne réserve jamais et on a toujours trouvé de la place." Les annulations concernent surtout des séjours d’environ quinze jours, ce qui pèse lourd pour un site qui visait le plein. Elle rappelle pourtant que les mois de mai et juin ont été plutôt bons pour l’hôtellerie de plein air.
Petits campings en première ligne, vacanciers plus prochesLes structures modestes encaissent le choc, observe Etienne Pascal, président de la Fédération de l'hôtellerie de plein air de Bourgogne-Franche-Comté. "On a évidemment moins de passage dans les campings de passage. Les campings les moins équipés ressentent aussi une baisse de fréquentation. Ce sont ceux qui ont peu de services, c'est-à-dire les campings simples, les campings municipaux. Ils sont drastiquement en baisse", résume-t-il. Avec des carburants à plus de 2 € le litre, les vacanciers partent moins loin, recherchent l’ombre, une piscine ou des locations climatisées, quitte à raccourcir leur séjour.
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