Dix ans après son arrivée à Hollywood, la petite chérie de l’Amérique tourne le dos à son mari, sa fille et sa carrière pour vivre une passion scandaleuse avec le pape du néoréalisme italien.
A partir de 1948, l’actrice suédoise Ingrid Bergman et le réalisateur italien Roberto Rossellini, mariés chacun de leur côté entame une liaison dont naîtront trois enfants. STÉPHANE MANEL POUR « LE NOUVEL OBS »
Pour aller plus loin
En 1948, McCarthy affûte sa rhétorique contre « le péril rouge », et Tintin va bientôt embarquer pour la Lune. Ingrid Bergman, diamant de Hollywood où elle a supplanté Garbo, est de tous les films qui comptent : « Casablanca », « Pour qui sonne le glas » ou « les Enchaînés », avec son fameux baiser fractionné pour blouser le très puritain code Hays (les lèvres des acteurs ne doivent pas se toucher plus de quelques secondes). Mariée à Petter Lindström, un enquiquineur, mère d’une petite Pia et parangon de vertu, elle n’a qu’une faiblesse : le dry martini.
Elle va bientôt en avouer une autre, Roberto Rossellini, père du néoréalisme et amant d’Anna Magnani, dont elle a vu « Rome, ville ouverte » et « Païsa ». Aussi sec, elle oublie sa pudeur luthérienne et lui écrit : « Si vous avez besoin d’une actrice suédoise qui parle très bien anglais, qui n’a pas…

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