Menaces contre des juges, des journalistes ou des avocats, assassinat du petit frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci… En adoptant des méthodes jusqu’ici associées à Cosa Nostra ou aux cartels mexicains, la DZ Mafia joue sa survie mais lance aussi un défi aux autorités et à la société civile.
Gabriel Ory, et la cour d’assises spéciale d’Aix-en-Provence en mars. MONTAGE D’APRÈS : CAPTURE D’ÉCRAN TIKTOK/BFMTV - JEAN-FRANCOIS MONIER/AFP - THIBAUD MORITZ/AFP
Pour aller plus loin
Mars 2026. La silhouette est ronde, les habits sobres. Sourire aux lèvres, parfois goguenard, Gabriel Ory s’assied dans le box. Les blagues semblent fuser avec les autres accusés. L’escorte, des gendarmes cagoulés – précaution jamais utilisée en France, sauf parfois en matière terroriste –, reste impassible. Pour la première fois depuis l’apparition de la DZ Mafia en 2023, en ce début de printemps, ses principaux cadres sont jugés à Aix-en-Provence pour un double assassinat remontant à 2019. Un temps où les membres de ce clan ne s’étaient pas encore alliés, mais faisaient déjà preuve d’une violence sans limite. Dans cette affaire, les deux victimes tuées dans leur sommeil dans un Formule 1 auraient été trahies par Gabriel Ory – condamné à vingt-cinq ans de prison à l’issue de ce procès, il a fait appel et reste donc présumé innocent.
Le dispositif de sécurité déployé autour de la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône est exceptionnel. Hélicoptères matin et soir pour suivre les convois des accusés de leurs prisons à la salle d’audience. Blocage des rues dans un périmètre étendu autour du palais, snipers sur les toits, agen…

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