La Confédération artisanat et petites entreprises bâtiment (Capeb47) se tient vent debout contre la modification des critères d'éligibilité de MaPrimeRénov', qui prévoit de réduire la liste des travaux dits "par...
l'essentiel La Confédération artisanat et petites entreprises bâtiment (Capeb47) se tient vent debout contre la modification des critères d'éligibilité de MaPrimeRénov', qui prévoit de réduire la liste des travaux dits "par geste". Elle craint de voir les petites entreprises du bâtiment lot-et-garonnaises évincées du marché de la rénovation énergétique.
"La rénovation énergétique par geste a représenté 17,7 millions d'euros en Lot-et-Garonne en 2025", appuie Amar Hocine, le président de la Confédération artisanat et petites entreprises bâtiment (Capeb47). L'une des dernières annonces du gouvernement concernant MaPrimRénov' pourrait considérablement réduire ce montant, la liste des travaux dits "par geste", qui permettent de se voir octroyer des aides en rénovant progressivement son logement, devant être réduite au profit des rénovations globales.
Les ménages engageant des travaux d'isolation, de toitures, qui concernent les fenêtres ou encore les poêles à bois, ne recevront plus de coup de pouce financier de l'État. Sauf si ces derniers réalisent l'ensemble de ces transformations de manière simultanée, constituant une rénovation d'ampleur qui, elle, restera éligible par MaPrimRénov' mais aura un coût plus conséquent.
En Lot-et-Garonne, la décision gouvernementale fait bondir les entreprises du bâtiment, pour qui la réduction de ces critères d'éligibilité priverait, ou freinerait les particuliers à entreprendre des travaux de rénovation énergétique. Ce qui, par extension, pourrait affaiblir l'activité des professionnels du département. "Nous allons nous battre pour que le marché de la rénovation énergétique n'échappe pas des mains de nos artisans locaux", appuie Amar Hocine.
Rencontre avec le préfetLes représentants de la Capeb47 ont pu faire part de leur inquiétude jeudi 23 juillet, lors d'une rencontre avec le préfet de Lot-et-Garonne Bruno André. "Nous lui avons expliqué la situation. Il a été à l'écoute et devrait faire remonter nos échanges", explique Arnaud Touzan, secrétaire général de la Capeb47.
"Cela veut dire que celui qui souhaite simplement isoler sa maison, il ne sera plus aidé. Les rénovations d'ampleur, tout le monde n'y est pas éligible. Et quand elles sont réalisées, ce sont souvent par des entreprises extérieures. Avec des effectifs de trois à quatre salariés, nos entreprises locales ne sont pas en capacité de rénover une maison complète, ce qui requiert de savoir faire plusieurs métiers", souffle-t-il.
Seule l'installation d'une pompe à chaleur permettrait d'obtenir les subventions prévues dans le cadre des travaux "par geste". Une exception contraire à la dynamique d'une rénovation énergétique, pour le président de la Capeb47. "Il faut, avant tout, que l'on fasse un travail sur l'enveloppe des bâtiments. On ne va pas installer une climatisation si, derrière, il y a de la laine de verre. Les travaux "par geste" étaient d'ailleurs souvent privilégiés pour améliorer un diagnostic de performance énergétique. Nous faisions des rénovations et isolions mieux les logements, pas à pas". Les nouvelles modalités de MaPrimRénov' devraient prendre effet au 1er septembre prochain.