Le traitement des déchets dans le Lot-et-Garonne entre dans une phase décisive. Dans les prochaines années, il y aura deux incinérateurs dans le département : un dans l’Agenais et un autre dans le Villeneuvois.
Le traitement des déchets dans le Lot-et-Garonne entre dans une phase décisive. Dans les prochaines années, il y aura deux incinérateurs dans le département : un dans l’Agenais et un autre dans le Villeneuvois.
D’ici une dizaine d’années, le département du Lot-et-Garonne pourrait se retrouver sans solution locale pour traiter ses ordures ménagères. En cause : la fermeture programmée du site d’enfouissement de Monflanquin en 2034, suivie, quatre ans plus tard, par la saturation annoncée de l’incinérateur de l’agglomération d’Agen. Sans nouvelle infrastructure, les déchets lot-et-garonnais devront être transportés vers d’autres territoires, avec un coût financier qui s’annonce conséquent pour les collectivités et, par effet domino, pour les usagers.
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Face à cette perspective, Valorizon et l'agglomération d'Agen étaient à la recherche d'une solution durable afin d'éviter une explosion des coûts tout en garantissant l’autonomie du territoire dans le traitement de ses déchets. Trois scénarios étaient actuellement à l’étude. Le premier consistait à rénover l’incinérateur existant, situé au Passage-d’Agen, derrière le cimetière de Monbusq, à proximité de la Garonne. Deuxième possibilité : construire un nouvel équipement sur le territoire agenais. Enfin, une troisième option prévoyait la création de deux unités plus petites, l’une dans l’Agenais, l’autre dans le Villeneuvois. C’est finalement une solution à deux incinérateurs qui sera privilégiée, selon Ludovic Biasotto, président de Valorizon jusqu’en juillet 2026.
L'incinérateur du Villeneuvois sera accompagné d'un réseau de chaleur"C’est bien avancé pour que nous ayons deux incinérateurs dans le département du Lot-et-Garonne dans les prochaines années. C’est en accord avec l’agglomération d’Agen. Valorizon a voté les deux projets d’unité de valorisation énergétique (UVE) : celui d’Agen et celui de Villeneuve-sur-Lot. On est donc sur le développement d’une UVE dans le Villeneuvois. Nous travaillons sur un lieu où nous pourrions l’implanter. Les déchets ne seront plus enfouis et ils produiront de l’énergie puisqu’un incinérateur s’accompagne d’un réseau de chaleur", a déclaré Ludovic Biasotto, en marge de l’inauguration de l’unité de production de biométhane de Monflanquin, ce jeudi 28 mai.
Si le Villeneuvois a été choisi, c’est avant tout pour une raison géographique. "On va pouvoir rapatrier les déchets d’une partie de la Dordogne (du Bergeracois), qui ne possède pas d’unité de valorisation énergétique", confie Ludovic Biasotto. Le montant des investissements concernant les deux incinérateurs est estimé à environ 120 millions d’euros. Entre les études, les procédures administratives et les travaux, il faudra compter près de dix ans avant une mise en service.
Des négociations encore en cours avec l'agglomération d'AgenDu côté d’Agen, le projet n’est, en revanche, pas encore totalement arrêté. Le point sensible est la rénovation de l’actuel incinérateur, qui arrivera en fin de vie en 2038, ou la construction d’une nouvelle UVE à un autre endroit. Toujours selon Ludovic Biasotto, qui ne cache pas sa préférence pour la modernisation de l’actuel incinérateur agenais, "les discussions sont en cours avec l’agglomération d’Agen, qui a récemment changé de président. Pour le moment, ça se passe très bien. Ce sera à la personne qui va me succéder de continuer à mener les négociations avec la collectivité."
L’agglomération d’Agen mène actuellement des études pour évaluer la faisabilité d’une modernisation du site actuel. Une décision devrait être prise dans les prochains mois.