Quelques minutes après le 25e Brennus décroché par le Stade Toulousain, samedi 27 juin au Stade de France, face à Montpellier (28-20), Paul Graou, le demi de mêlée des "rouge et noir", avouait que ce groupe, désormais...
Quelques minutes après le 25e Brennus décroché par le Stade Toulousain, samedi 27 juin au Stade de France, face à Montpellier (28-20), Paul Graou, le demi de mêlée des "rouge et noir", avouait que ce groupe, désormais quadruple tenant du titre, ne souhaitait pas s’arrêter en si bon chemin.
Réalisez-vous l'exploit que vous venez d'accomplir ?
Non, on ne réalise pas trop. Je pense qu'on vit des saisons compliquées et du coup, se payer là, ça fait du bien. C'est un soulagement. Mais je pense qu'on réalisera surtout dans quelques jours, quelques semaines. Se dire qu'on a fait quatre Brennus d'affilée, c'est incroyable. On va savourer et on va réaliser petit à petit.
Les Montpelliérains vous ont fait souffrir...
Oui, c'était un match hyper engagé, avec des conditions vraiment particulières. Le ballon était très glissant, il y avait de l'orage, c'était vraiment compliqué pour jouer. Mais on a mis beaucoup de combat en première mi-temps. On prend quand même le score et on paie un mauvais début de seconde mi-temps qui les remet un peu dans le match. Ils commencent à y croire et c'est ce qui fait que la fin du match est un peu poussive. Mais on a gardé l'écart au score, plus d'une marque, donc on s'est mis à l'abri.
Vous avez été très cliniques en marquant sur toutes vos occasions en première période avant que la défense fasse le reste...
On savait que c'était une très grosse défense, la meilleure du championnat, donc il fallait marquer quand on avait des opportunités.
Vouliez-vous prendre les Montpelliérains sur leurs points forts ?
C'est la base du rugby, j'ai envie de dire. C'est le combat, la conquête. Sans ça, il n'y a aucune équipe qui peut gagner. On savait que c'était leur gros point fort et on avait envie de rivaliser là-dessus. Nos avants ont fait un très gros match et c'est ce qui fait que nous le remportons.
Le bonheur est toujours le même après un titre ?
C'est différent à chaque fois. L'année dernière, on a vécu un scénario de fous avec une prolongation. Là, c'était un match très dur qui a beaucoup marqué les corps avec la température. Mais à chaque fois, on savoure, parce que ce sont des moments incroyables.
Ugo Mola vous a-t-il déjà parlé du quintuplé ?
(Sourire) Non, pas encore, mais je sais très bien comment la saison prochaine va commencer. Tous les joueurs de l'équipe ont en tête de continuer à marquer l'histoire du club. Je pense qu'on l'a fait ce soir (samedi) et on a encore envie de le faire. Personne n'est rassasié.
Le quadruplé avait-il été un moteur cette saison ?
Non, on n'en parle pas pendant la saison. On veut jouer les matchs, tout le monde prend part au championnat, durant les périodes de doublons, on se tire la bourre. Et au final, on était en tête au classement et on a juste envie de se récompenser de cette saison. On finit la phase régulière et on a envie de se payer, de récompenser tous les efforts du staff, des joueurs, du club, pour remporter un titre. Et après, forcément, le fait d'en faire quatre d'affilée, ça motive.
Comment avez-vous vécu les pauses fraîcheur et l'interruption à cause de l'orage ?
C'était particulier, ça hache un peu le jeu. Toutes les 20 minutes, il y avait une pause, mais on l'a plutôt bien géré, même si le retour de seconde mi-temps a été compliqué.
Qu'avez-vous pensé de la prestation de Rodrigue Neti et Joel Merkler en mêlée ?
Ils ont fait un super match. Franchement, la mêlée a été très bonne, on leur a posé des problèmes en touche alors qu'ils ont un gros alignement. Sur les duels aussi, sur les zones de ruck, on a gratté plein de ballons. On a des joueurs... Je ne vais pas les citer tous, mais on a des joueurs extraordinaires dans les zones de ruck. Les gros joueurs font des grands matchs, c'est ce qui nous fait gagner.
Jack Willis arrive-t-il encore à vous surprendre ?
Jack, pour moi, c'est le meilleur joueur du championnat. Je pense que je ne suis pas le seul à le penser. Aujourd'hui, dans les gros matchs, il est tout le temps là. Il nous sauve des ballons très importants à des tournants du match. Aujourd'hui, comme d'autres fois, il a été primordial. Il a été un capitaine extraordinaire cette année parce que c'est un vrai leader. Il amène le groupe pendant les doublons, pendant la saison régulière. Il est tout le temps là et il amène une énergie de fou.
Vous aviez été un peu critiqués sur la fin de saison. À quel point cela vous a nourris ?
On ne regarde pas forcément les journaux, mais on voyait qu'on parlait de nous. Forcément, on ne faisait pas des matchs super aboutis, mais en même temps, on avait de l'avance au classement. On voulait jouer, retrouver notre rugby et c'est sûr qu'on ne rassurait pas le grand public, j'imagine (sourire). Après, on sait très bien qu'en interne, on ne doutait pas trop, on s'entraînait très, très dur. Les derniers mois, on s'est entraînés super dur. Les performances du samedi n'étaient pas les plus abouties, mais on a quand même fini premiers de la phase régulière. Et je pense qu'on fait une très grosse demi-finale. Et par moments, une très grosse finale, du moins dans l'engagement. On a répondu présent là où beaucoup nous voyaient moins forts que Montpellier.