La chasse à la palombe s’invite au marché de Nérac avec une palombière grandeur nature. Entre tradition, pédagogie et défense culturelle, l’association séduit même les non-chasseurs, dont une bonne partie de jeunes.
La chasse à la palombe s’invite au marché de Nérac avec une palombière grandeur nature. Entre tradition, pédagogie et défense culturelle, l’association séduit même les non-chasseurs, dont une bonne partie de jeunes.
Art de vivre dans le Sud-Ouest lors de la migration des palombes. Tout semble être dit dans le nom de cette association née en janvier dernier. Elle s’attache à défendre la chasse traditionnelle face aux pressions juridiques et militantes.
Le samedi 27 juin, ses représentants ont tenu un stand au marché de Nérac. Et pas n’importe quel stand : toute la reconstitution d’une palombière, avec un décor de forêt et des activités ludiques. Tir, exposition d’aquarelles, mise en action d’un filet au sol servant à capturer les palombes… « Que l’on relâche ensuite », précisent les chasseurs de l’association. « La plupart du temps, on les bague. Cela nous permet de les étudier à distance. On sait que cette espèce n’est absolument pas en voie d’extinction, contrairement à d’autres. »
« Plus l’aspect humain que l’aspect chasse »Des précisions dont ont pu bénéficier les curieux venus au stand. De nombreux parents avec enfants, venus des Landes et même des Pyrénées. Juline, neuf ans, a découvert le tir et le filet au sol. Explications sur le mode de vie de ces oiseaux à l’appui. Une première. « C’est très intéressant ! », commente-t-elle.
À côté d’elle, sa maman raconte la tradition familiale. « Chez nous, la palombière est très importante, c’est un moyen de se retrouver tous ensemble. Plus que l’aspect chasse, c’est l’aspect humain qui nous anime. Les enfants apprennent à roucouler comme le font les chasseurs, à soigner les pigeons… Ils découvrent le respect de la nature. Ils observent le vol des oiseaux. C’est vraiment plus de l’étude que de la chasse. »
Juline, neuf ans, prête à recevoir son diplôme de petit chasseur.
Photo - Laurana Cazeneuve
À proximité, Tom, sept ans, a décroché son diplôme de petit chasseur, comme Juline. Lui aussi a testé le tir à la carabine, sous l’œil de ses parents, Pierre-Jacques et Laura. « J’ai bien aimé!» s’exclame le petit garçon. « Il ne connaissait pas », ajoutent ses parents. « On a entendu les débats autour de la chasse à la palombe, mais une association comme celle-ci met plutôt en lumière la façon dont les chasseurs travaillent avec la nature... C’est une tradition à protéger. »
Majorité de non-chasseursEn parallèle, sur le stand, une pétition à signer pour préserver la chasse à la palombe. À onze heures, ils avaient déjà réuni 120 signatures. « Et je n’aurais jamais cru récolter autant de signatures de non-chasseurs ! » s’étonne Yannick Vignaux, coprésident du collectif. « La majorité des gens venus nous voir aujourd’hui sont des non-chasseurs. On a même eu quelques écolos ! »
« Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les non-chasseurs considèrent que la chasse à la palombe fait partie de leur culture », appuie Stéphane Dailledouze, membre du collectif. « On voit qu’ils en ont marre de perdre leurs traditions. Le jour où il n’y aura plus les palombières, ils auront l’impression de voir disparaître un peu de leur histoire. Et nous voyons passer de plus en plus de jeunes dans le collectif. Et des femmes aussi. Ça s’est bien démocratisé ! Tout le monde retient surtout la convivialité. »