Environ deux cent cinquante marcheurs ont accompagné, ce dimanche 2 août, la centaine de brebis de l'éleveur Stéphane Fau entre le lieu-dit Taillade et le hameau de Gandoulès, en passant par Montpezat-de-Quercy. Pour...
l'essentiel Environ deux cent cinquante marcheurs ont accompagné, ce dimanche 2 août, la centaine de brebis de l'éleveur Stéphane Fau entre le lieu-dit Taillade et le hameau de Gandoulès, en passant par Montpezat-de-Quercy. Pour sa troisième édition, cette transhumance, unique en Tarn-et-Garonne, a une nouvelle fois attiré plusieurs centaines de curieux. Reportage au cœur d'un rendez-vous devenu incontournable dans le Quercy.
Loin du traditionnel chassé-croisé entre juillettistes et aoûtiens, ce sont des brebis qui causent un embouteillage sur les routes du Quercy caussadais. Ce dimanche 2 août, il est un peu plus de 10 heures lorsque plusieurs dizaines de personnes se massent le long d'une des principales artères de Montpezat-de-Quercy (Tarn-et-Garonne). "Et beh, elles arrivent quand ?", s'impatientent certains. Au loin, les voix des bergers se mêlent au tintement d'une cloche qu'un cycliste agite pour annoncer l'arrivée du troupeau.
150 personnes présentes à MontpezatBientôt, Stéphane apparaît en bas de la côte avec son bâton. Il est accompagné de son fils, Martial, mais surtout d'une centaine de brebis, qui les suivent de près. À leur passage, les badauds applaudissent et sortent leur téléphone pour prendre des photos. "C'est la première fois que j'assiste à ça dans le coin, c'est très agréable", se réjouit Agnès, retraitée originaire du département.
Les locaux ont regardé passé les brebis pour la troisième année consécutive.
DDM - Elie Gaubert
Un peu plus loin, à l'ombre d'un arbre, David a fait le déplacement de Mirabel, à une quinzaine de kilomètres, pour assister au spectacle avec son petit-fils. "On est venus pour voir les moutons, la campagne. Le petit est tout content", confie-t-il.
"Ça fait vivre le village"Quelques mètres plus haut, la terrasse du bar "Le Quercy", d'où on peut admirer les animaux, ne désemplit pas. Anne-Sophie et son équipe enchaînent le service de cafés et rafraîchissements. "On a souvent du monde le dimanche, mais pas autant qu'aujourd'hui, précise la gérante. C'est un bel événement à Montpezat. Ça fait vivre le village et par ricochet ça nous fait travailler."
Une heure plus tard, les brebis achèvent leur périple de sept kilomètres à Gandoulès. Un champ transformé en parking affiche se remplit. Les voitures se croisent sur l'unique et étroite voie qui amène au hameau, transformé en salle des fêtes à ciel ouvert. 250 personnes sont inscrites pour le repas. "La population du hameau est multipliée par 200", s'amuse Stéphane Fau, organisateur de l'événement avec le concours du comité des fêtes.
250 inscrits ont mangé au hameau de Gandoulès.
DDM - Elie Gaubert
Pourtant, rien ne prédestinait cette journée à devenir l'un des grands rendez-vous de l'été dans le Quercy. Car l'idée est presque née sur un coin de table, ou de bar. "Tout est parti d'une idée entre copains. On devait transporter les bêtes jusqu'ici donc on a pensé à une transhumance. On s'est dit 'Chiche, on le fait !' Et on l'a fait", raconte-t-il. La première édition dépasse toutes les attentes et convainc les organisateurs de renouveler l'expérience.
Trois éditions plus tard, la recette n'a quasiment pas changé. Ici, pas de concert géant ni d'animations à outrance. "On veut rester comme ça", insiste l'exploitant. L'objectif est ailleurs : partager une journée conviviale avec les locaux ou les curieux désireux de découvrir cette "nouvelle tradition" unique en Tarn-et-Garonne.
Sous les chapiteaux, les conversations se prolongent autour des assiettes pendant que les brebis retrouvent leur pâture. Le temps d'un dimanche, Gandoulès a changé d'échelle. Puis, comme chaque année, le hameau retrouvera son calme... jusqu'à la prochaine transhumance.