Dans un entretien accordé à France 3 Bourgogne Franche-Comté, Bernard Leclerq, expert du Grand Tétras, revient sur plus de cinquante ans de mobilisation pour la préservation de l'espèce. Il alerte notamment sur la...
Dans un entretien accordé à France 3 Bourgogne Franche-Comté, Bernard Leclerq, expert du Grand Tétras, revient sur plus de cinquante ans de mobilisation pour la préservation de l'espèce. Il alerte notamment sur la dégradation de son habitat forestier, qu'il considère comme la principale cause du déclin des populations en France.
Un bilan qui ne prévoit pas un bon avenir. Dans un entretien accordé à France 3 Bourgogne Franche-Comté, Bernard Leclerq, expert du Grand Tétras, revient sur son analyse de l'espèce et de ses effectifs.
Plus de 50 ans de combatAujourd'hui âgé de 76 ans, Bernard Leclerq a dédié une grande partie de sa vie à lutter pour le Grand Tétras et sa préservation. Pour cela, il a sillonné l'Europe avec des voyages dans des forêts en Roumanie, en Norvège ou en Espagne. Celui qui voit cette espèce comme un « gros poulet pouvant atteindre les 4,5 kg » décrit cet oiseau : « Il s'agit du plus grand oiseau sauvage d'Europe, un volatile emblématique aux plumes bleues-vertes, très discret, que beaucoup n'ont jamais vu, mais dont le cri est remarquable ».
Cette passion a démarré par hasard, après des études d'ornithologue, quand l'Office de la chasse l'a missionné pour comprendre les causes de régression du Grand Tétras en France.
Un constat amer pour cette espèceMalgré plusieurs initiatives, comme la création d'une association afin d'impliquer un maximum d'acteurs pour la préservation de l'oiseau ou encore la mise en place d'études et de mesures, Bernard Leclerq dénonce un « fort lobby forestier » : « La sylviculture est le principal ennemi du Grand Tétras. On a fait des tests pour savoir si c'était le climat, la prédation ou le dérangement touristique. Mais non, le facteur essentiel, c'est la qualité de l'habitat, que les forestiers détériorent ».
Conséquence directe de ce phénomène : la baisse des individus dans les forêts. Cela est confirmé par les chiffres. Dans les années 1970, le Doubs et le Jura comptaient entre 500 et 600 grands tétras contre moins de 300 aujourd'hui, soit une baisse de 50 % en 50 ans comme le souligne le spécialiste.
Un devoir de sensibilisation auprès des jeunesBernard Leclerq espère tout de même que les futures générations se « reconnectent au vivant » afin de faire changer les mentalités. Il a d'ailleurs un message à leur faire passer : « Allez sur le terrain, émerveillez-vous. Allez vous émerveiller devant une fleur, dans votre jardin. Ne restez pas devant vos ordinateurs, vos écrans, votre télé, surtout, voilà. Quand vous me verrez dans cette émission, allez couper le son, l'image, sortez dans la rue. Regardez ce qui pousse entre les pavés, regardez que la vie, elle est là partout et demande qu'à s'exprimer ».