Dans une finale âpre mais maîtrisée par les Audois, ce dimanche après-midi à Nérac dans le Lot-et-Garonne, Tauch Corbières ne voulait laisser ce bouclier de champion de France de Régionale 3 à personne d’autre. Face à...
Dans une finale âpre mais maîtrisée par les Audois, ce dimanche après-midi à Nérac dans le Lot-et-Garonne, Tauch Corbières ne voulait laisser ce bouclier de champion de France de Régionale 3 à personne d’autre. Face à St-Maixent (23-10), les Sangliers ont été au bout de leur rêve en soulevant le planchot et en l’offrant à toute une ville qui attend ça depuis le dernier en 1999.
Est-ce que vous avez déjà entendu parler de l’attente ? De ce nom féminin qui qualifie l’état dans lequel nous sommes lorsque quelque chose met du temps à arriver. À Tuchan, l’attente a duré 27 ans, une éternité, presque autant d’années qu’ont vécues tous les joueurs sur la pelouse de Nérac ce dimanche après-midi depuis leur naissance. Certains d’entre eux n’étaient même pas nés la dernière fois que Tauch Corbières a soulevé un bout de bois. La dernière fois, il s’agissait d’un planchot en 1re série, dans l’ancienne formule du rugby français. C’était le cinquième titre ramené dans les Corbières. Désormais, l’armoire à trophée peut s’agrandir par l’arrivée du bouclier de Régionale 3.
Lucas Gracia, la lumière à suivre de Tauch CorbièresParce que les Tuchanais viennent de devenir champions de France de Régionale 3, ce dimanche 28 juin, une date qui sera gravée au fer rouge dans ce club, dans cette ville. Ce n’est pas seulement un club qui vient de réaliser un truc immense, c’est une localité entière, rien qu’à voir les deux bus débarqués dans le Lot-et-Garonne, à plus trois heures de route. C’est fort, très fort. Et les coéquipiers de Pierre Esclarmonde – qui perpétue la tradition de sa famille où chaque génération à soulever un bouclier – leur ont bien rendu au cours d’une prestation maîtrisée de bout en bout.
St-Maixent avait promis un défi physique intense, un combat de toutes les secondes, une belle férocité sur tous les points de contacts. Sauf que Tauch Corbières n’a pas seulement une ligne de trois-quarts de gazelles, il a un pack d’avants piqués au vif lorsqu’un défi se présente devant eux. Ils ont répondu dans l’intensité, l’engagement, avant de déployer les pattes des arrières. À l’image de l’arrière des Audois, ce diable de Lucas Gracia, dans tous les bons coups, surtout à l’initiative de tous les bons coups. À la relance, intercalé dans la ligne, libérant ses partenaires dans les bons intervalles, le numéro 15 a toujours mis son équipe sur les bons rails. Et puis, il y a son compère, Simon Pelissier, l’artilleur en chef, même si son pied gauche n’a pas toujours trouvé la cible dans cette finale.
Je vous jure que nous allons le fêter.
L’ouvreur de Tauch Corbières a lancé les débats (3-0, 11e), avant de voir Lucas Gracia inscrire le premier essai de la partie bien lancé par le dynamiteur Hector Saury (10-0, 22e). Si St-Maixent pense revenir au score, les Audois ont la mainmise sur la partie, Simon Pelissier porte la marque à 13 points d’écart quasiment jusque dans les derniers instants (16-3, 40e). Et puis, au COTC quand vous avez besoin d’être rassuré et de sceller le match, qui vous appelez ? Monsieur Lucas Gracia évidemment. Accélération à la prise de balle, cadrage débordement, bonne libération de balle, et sur le renversement, après plusieurs temps de jeu, Quentin Villaverde fait exulter ses partenaires et tous les Tuchanais présents à Nérac (23-3, 78e).
Le titre ne peut plus échapper à Tauch Corbières, l’essai de l’honneur des Deux-Sévriens ne changera rien (23-10), le bouclier rentre dans l’Aude. Le COTC n’a pas laissé une miette à son adversaire en finale, l’envahissement de la centaine de Tuchanais pouvait démarrer et la fête durer pour plusieurs jours. "Ce que nous avons réalisé c’est magnifique. Je vous jure que nous allons vraiment le fêter", promet le capitaine Pierre Esclarmonde. En faisant un clin d’œil à sa famille : "C’est extraordinaire. Il y a toujours eu un Esclarmonde sur un titre, comme aussi un membre de la famille de ma mère. C’est le combo. Maintenant, j’espère que mon fils dans quelques années fera pareil".
À Tauch Corbières, le cœur a parlé. Et ce titre, ils en parleront encore dans des dizaines d’années.