À quelques heures du coup d’envoi entre Provence rugby et l’USAP, si Patrick Culianez est un fidèle supporter, il est aussi le médecin des petits usapistes.
À quelques heures du coup d’envoi entre Provence rugby et l’USAP, si Patrick Culianez est un fidèle supporter, il est aussi le médecin des petits usapistes.
Fervent supporter de l’USAP, Patrick Culianez dit Panda est l’incontournable pédiatre d’Elne. Depuis de nombreuses années, il accompagne les familles des joueurs du club sang et or. "Cette aventure a démarré en 1998, lorsque le médecin du club de l’époque Olivier Lambert a commencé à me solliciter pour les enfants de joueurs", raconte-t-il.
Les maillots de l’USAP dédicacés par les joueurs décorent le cabinet à Elne.
Très vite, une adresse s’impose naturellement, celle du docteur Culianez. Les enfants de Mike James, Michel Konieck, la famille Liévremont, Gérard Majoral, puis Olivier Olibo, Julien Candelon, Farid Sid, Damien Chouly, Gavin Hume, Nicolas Laharrague, Guillaume Vilacéca, Marius Tincu, Diego Giannantonio et tous les Argentins se succèdent dans la salle d’attente. "Ce sont les mamans principalement que je vois, parfois les grands-parents et de temps en temps les papas. Lors des consultations, on ne parle jamais rugby, mais une fois terminée, le monde de l’ovalie n’est jamais bien loin. Je me considère alors un peu dans les coulisses".
"À toute heure du jour et de la nuit"Un enfant malade, une nuit blanche, les inquiétudes, le pédiatre donne son numéro personnel pour apaiser les angoisses : "Ils savent qu’ils peuvent m’appeler à toute heure du jour et de la nuit", comme lorsque notre entretien est interrompu par un coup de fil d’un joueur pour un rendez-vous de dernière minute pour son petit. Certaines familles occupent une place particulière comme les Tuilagi ou Le Corvec. "Quand on retrouve ces enfants devenus joueurs de l’USAP ça m’émeut énormément", confie-t-il l’émotion palpable dans sa voix. Il évoque Posolo Tuilagi : "Ce n’était pas un gros bébé, mais il était grand. Il ne craignait pas les vaccins. On le surnommait Moto, plus jeune, il avançait avec tous les autres accrochés à son dos. Et il continue aujourd’hui". Les souvenirs affluent : "Je me rappelle aussi qu’Henry et sa femme avaient pour habitude de se peser en entrant dans mon cabinet. Lui, pose son fils sur une chaise et, quand il veut s’asseoir à son tour, il l’a oublié et avec ses 140 kg, l’ancien joueur a bien failli l’écraser. Une famille formidable !".
Concernant Matéo Le Corvec, "quand je l’ai retrouvé en début de saison dans les travées d’Aimé-Giral. Nous nous sommes enlacés sans grand discours, mais l’émotion est passée". Panda garde également en mémoire les sacrifices consentis par les joueurs. Il se souvient d’un match à Montpellier au cours duquel un joueur catalan en difficulté sur le terrain avait été pris à partie par le public. "La veille, j’avais vu sa petite Rose, qui souffrait d’une otite. Je savais qu’il avait passé une mauvaise nuit. Le rugby, c’est un sport d’affect, de famille, de solidarité, d’amitié. La pédiatrie aussi. On entre dans l’intimité des familles et on tisse des liens", estimant que l’essence de ce sport devrait être préservée. Ce dimanche devant son écran, il encouragera son équipe de cœur : "Ça va être du 50/50". Mais le praticien sait ce qui compte réellement pour tous ces joueurs : "Leur plus beau trophée, ce n’est pas le Brennus. Ce sont leurs enfants".