La troupe Maux Za Hik transforme le cancer en matière théâtrale. Avec humour et émotion, ces comédiens amateurs montent sur la scène du théâtre Ducourneau pour célébrer la vie malgré la maladie.
La troupe Maux Za Hik transforme le cancer en matière théâtrale. Avec humour et émotion, ces comédiens amateurs montent sur la scène du théâtre Ducourneau pour célébrer la vie malgré la maladie.
Jeudi 2 juillet, ce sont des comédiens pas ordinaires qui fouleront la scène du théâtre Ducourneau. La troupe Maux Za Hik, initiée par le Comité de cancérologie 47, va jouer sa pièce "Mozaïques". Une première représentation avait remporté son petit succès l’automne dernier à Saint-Hilaire-de-Lusignan.
"Beaucoup de comédiens professionnels rêveraient de pouvoir jouer là-bas !" se réjouit l’équipe.
En attendant les planches du théâtre municipal – un lieu emblématique –, ils ont répété dans la petite salle municipale de Boé malgré la chaleur de ce 24 juin. Une fois entré dans la pièce, on ressent la chaleur, celle de cet espace non climatisé, mais aussi celle de leur amour pour le théâtre.
L’humour comme armeIl y a quelque chose de troublant dans leur façon de parler, sur scène, de ce crabe qui les ronge. Ils le personnifient, lui reprochent des choses, mais toujours sur le ton de l’humour. Ce n’est qu’une répétition, mais le stress commence à se faire ressentir, à une semaine de la représentation.
Si, pour certains, ce passage sur scène sera un baptême du feu, le metteur en scène Nino Ourabah n’est jamais bien loin pour veiller au grain. L’occasion de dévoiler leur parcours guide leur enthousiasme. En jouant, ils ne cherchent pas à échapper à la maladie, mais utilisent l’humour comme arme. Et puis le crabe n’est pas le personnage central de la pièce : les vraies héroïnes et le héros, ce sont ces femmes et cet homme incarnant des colocataires, chacun avec sa personnalité. Le plombier a des affinités avec la concierge, Judith n’en peut plus de ses enfants et de son ex-mari, Lucile cite Sartre à tout bout de champ, et Patricia en a marre que personne ne l’écoute, même quand elle pique une colère.
"Le cancer n’a pas pris ma voix. Ni ma dignité. Et surtout, il n’a pas pris cette putain d’envie de vivre !" s’exclame l’une des comédiennes. On ne pourrait pas mieux résumer l’esprit de cette troupe dont les crocs dévorent la vie.