Fermé depuis novembre dernier pour une vaste opération de rénovation, le musée des Beaux-Arts d’Agen ne laissera pas ses collections dans l’ombre. La municipalité doit examiner, lors du conseil municipal de ce lundi...
Fermé depuis novembre dernier pour une vaste opération de rénovation, le musée des Beaux-Arts d’Agen ne laissera pas ses collections dans l’ombre. La municipalité doit examiner, lors du conseil municipal de ce lundi 29 juin, un projet de musée éphémère à l’église des Jacobins.
L’objectif est de maintenir une offre culturelle accessible au public pendant les quatre années restantes de fermeture de l’établissement. Alors que le musée des Beaux-Arts d’Agen poursuit sa transformation, la Ville souhaite offrir une solution temporaire pour permettre au public de continuer à découvrir les trésors de ses collections.
Le projet prévoit l’installation à l’église des Jacobins, à la toiture fraîchement rénovée, d’un parcours muséal réunissant quelque 150 œuvres issues des réserves et des salles actuellement fermées.
Pensé comme une "galerie du temps", ce parcours proposera aux visiteurs une traversée de plusieurs périodes historiques, de la Préhistoire à l’époque contemporaine, en passant par les grandes étapes de l’histoire de l’art. "Un cheminement chronologique emprunté au musée du Louvre-Lens, précise Adrien Enfedaque, conservateur en chef du patrimoine et directeur du musée, qui se veut un mélange de toutes les civilisations et une façon de démontrer que le lieu est un musée encyclopédique qui regroupe peintures, sculptures, dessins, tapisseries, objets d’Orient".
Pour la municipalité, cette solution répond à une double nécessité : préserver le lien entre le musée et ses publics tout en valorisant les collections durant le chantier. Lot-et-Garonnais, scolaires, touristes et amateurs d’art pourront ainsi continuer à fréquenter une offre culturelle structurée malgré la fermeture de l’établissement principal.
"Nous avons de la chance d’avoir un second très beau lieu à Agen, ce qui n’est pas toujours le cas dans de petites villes qui rénovent leur musée." Cette déclaration de Nina Mercier de Sainte-Croix, directrice de l’action culturelle, résume l’atout majeur du projet : disposer d’un site patrimonial capable d’accueillir des œuvres dans de bonnes conditions de présentation et de conservation.
La première présentation de ce parcours muséal est envisagée à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre prochains. L’ouverture officielle au public est ensuite programmée pour le 29 octobre 2026. Le musée éphémère restera en activité durant toute la période de fermeture du musée des Beaux-Arts.
Goya, Lalanne, Vénus...Parmi les œuvres annoncées figurent plusieurs pièces emblématiques qui ont contribué à la renommée des collections agenaises. Les visiteurs pourront retrouver les créations de Lalanne, de Goya comme l’autoportrait et la montgolfière, une géode en améthyste, des sarcophages, des œuvres anciennes qui avaient été retirées des salles d’exposition, ainsi que la célèbre Vénus du Mas-d’Agenais. Le parti pris est de dévoiler des pièces qui ne sont ni fragiles ni encore restaurées.
Des rotations ponctuelles de nouvelles œuvres du musée sont également envisagées afin de renouveler régulièrement l’intérêt des visiteurs.
La Ville réfléchit par ailleurs à apporter des regards contemporains à l’organisation de mini-expositions thématiques. Des discussions sont notamment engagées avec le Frac Nouvelle-Aquitaine, ainsi que des animations pédagogiques à partir des métiers de la restauration associant les élèves de Palissy et Chaumié autour d’œuvres appartenant au musée et qui ont été prêtées de longue date aux deux établissements scolaires.
Recycler les boîtes des Lumières françaisesLe projet s’appuie également sur une démarche de réemploi. Une partie des structures scénographiques utilisées lors de l’exposition "Lumières françaises, de la cour de Versailles à Agen" sera réutilisée pour présenter les collections. Boîtes d’exposition et pavillons seront intégrés à une nouvelle scénographie imaginée toujours par Éric Noguès et la société Anagram, dans un souci à la fois économique et environnemental.
Les visites et actions de médiation continueront d’être assurées par les équipes du musée, afin de maintenir le dialogue avec tous les publics jusqu’à la réouverture du musée des Beaux-Arts.