Après plusieurs mois de blocage autour de l’implantation d’un ascenseur dans la cour classée de l’hôtel Vergès au cœur du musée des Beaux-Arts, la Ville d’Agen attend le 1er juillet la présentation d’une nouvelle...
Après plusieurs mois de blocage autour de l’implantation d’un ascenseur dans la cour classée de l’hôtel Vergès au cœur du musée des Beaux-Arts, la Ville d’Agen attend le 1er juillet la présentation d’une nouvelle proposition.
Cette solution alternative doit permettre de lever les réserves des services de l’État et de poursuivre la vaste rénovation du musée des Beaux-Arts, fermé depuis novembre 2025.
Le dossier de l’ascenseur, devenu le principal point de blocage de la rénovation du musée des Beaux-Arts d’Agen, pourrait connaître une issue dans les prochains jours. Le 1er juillet, l’architecte Adelfo Scaranello, architecte mandataire du groupement chargé du projet, doit présenter une nouvelle version de l’équipement demandé par la municipalité. Basé à Besançon, il est l’architecte mandataire d’une équipe composée notamment de Pierre-Yves Caillault, architecte en chef des Monuments historiques, du scénographe Philippe Maffre et d’un bureau d’études spécialisé auquel ont été confiées la restauration patrimoniale, la reconstruction de l’aile qui sera démolie et la future scénographie du musée.
La piste d'un ascenseur extérieur...Le projet initial prévoyait l’installation d’un ascenseur dans la cour Vergès afin d’assurer la liaison entre les différents niveaux du parcours muséographique et de définir un sens de visite qui démarrerait du haut du musée. Mais cette solution s’est heurtée à l’opposition des partenaires institutionnels dans un souci de préservation du patrimoine. "La Drac en tête, l’État, la Région, le Département avaient émis des réserves", explique Nina Mercier de Sainte-Croix, directrice de l’action culturelle à la Ville d’Agen. "Avec l’hypothèse de l’ascenseur dans la cour, il y avait une forme d’emprise au niveau d’une façade dans cette cour classée Monuments historiques." Un statu quo pour lequel la précédente municipalité pensait, à tort, que les partenaires institutionnels finiraient bien par accepter cette éventualité.
Face au risque de nouveaux retards, alors que le musée est fermé depuis novembre 2025 et que la rénovation doit se poursuivre jusqu’en 2030 ou début de l’année 2031, le maire Laurent Bruneau a demandé à l’architecte de revoir sa copie afin de sortir de l'impasse dans un dossier d'envergure dont l'actuelle municipalité a hérité sous forme de "coup parti".
Le 1er juillet, l'architecte référent viendra présenter le projet avec une option B concernant l’ascenseur, peut-être la possibilité d’un ascenseur qui sera positionné à l'extérieur. Cette nouvelle orientation vise à concilier les exigences patrimoniales avec les objectifs d’accessibilité du futur équipement culturel réhabilité pour un montant de 18 M€ d’euros. Et surtout ne pas freiner davantage un chantier qui s'étale sur cinq ans.
Le musée est vide, les collections sont partiesCar en parallèle, les travaux se poursuivent sur les quatre hôtels particuliers qui composent le musée. La rénovation de la couverture de l’hôtel d’Estrades a été réalisée entre 2023 et 2024, celle de l’hôtel de Vaurs entre 2024 et 2025. Les travaux de toiture de l’hôtel de Monluc ont démarré en avril dernier et doivent se poursuivre jusqu’en 2027. L’intervention sur l’hôtel Vergès suivra.
Le chantier est entré également dans une nouvelle phase depuis janvier dernier avec le départ des collections. "On termine de déménager les lapidaires", indique Nina Mercier de Sainte-Croix. Le transfert des œuvres mobilise restauratrices spécialisées et transporteurs agréés. "On a fait appel à des restauratrices concernant les tableaux, le mobilier, les lapidaires", précise-t-elle. Certaines œuvres nécessitent des interventions : "Restaurer, consolider, on en profite". L'intégralité de la collection d’antiquités orientales du diplomate libanais Camille Aboussouan est également partie à la restauration.
Les opérations préparatoires ont également permis de mieux révéler le patrimoine architectural du site. Le décroutage de la façade Vergès a mis au jour plusieurs éléments jusqu’alors masqués, comme des fenêtres. "Et surtout comme elle pourra s’intégrer en termes d'écriture graphique dans l’alignement des façades des trois autres hôtels particuliers", souligne la directrice de l’action culturelle.
La démolition de l’aile Aunac, située du côté de l’hôtel de ville, est programmée fin 2026 ou début 2027. Cette étape a pour but de poursuivre la réflexion architecturale autour de la façade Vergès et de préparer la construction du futur accueil du musée. Prévu en 2027, celui-ci prendra la forme d’un bâtiment très bas, de forme horizontale, abritant l’accueil, la billetterie, la boutique, avec "une casquette en cuivre, une peau minérale en verre et un jeu de transparence".
Au cœur de ce projet, l’ascenseur reste un élément essentiel du futur parcours muséographique de visite. "Car un des enjeux importants de la rénovation du lieu, c’est son accessibilité pour les personnes à mobilité réduite", rappelle Nina Mercier de Sainte-Croix.