La transition écologique d’Agen s’accélère avec l’installation d’un ciel de rue pour rafraîchir le boulevard de la République. Avant une végétalisation plus durable de la ville, cette mesure à 75 406 € a été adoptée à...
La transition écologique d’Agen s’accélère avec l’installation d’un ciel de rue pour rafraîchir le boulevard de la République. Avant une végétalisation plus durable de la ville, cette mesure à 75 406 € a été adoptée à l’unanimité par le conseil municipal. Amanda Sanz, adjointe au maire en charge de la transformation écologique, a présenté ce projet d’ombrières. Elle a également esquissé les grandes lignes du plan de naturalisation et de verdissement qui est l’une des priorités du mandat de la nouvelle municipalité. On vous raconte les enjeux du dossier.
"Votre température corporelle est à 37 degrés ; vous ajoutez 4 degrés et vous voyez ce que cela peut donner comme effet." Au dernier conseil municipal de la ville d’Agen, la formule glaçante d’Amanda Sanz a saisi les esprits alors qu’elle présentait le projet d’un ciel de rue. Celui-ci vise à rafraîchir une grande partie du boulevard de la République. L’adjointe au maire en charge de la transformation écologique a rappelé les inquiétantes projections du plan national d’adaptation au changement climatique : un réchauffement moyen de 2,7 degrés d’ici à 2030 et de 4 degrés d’ici à 2100.
Le dérèglement est d’ores et déjà palpable. "Nous sommes le 8 juin, a poursuivi l’élue, et nous avons vécu une vague de chaleur exceptionnelle en mai où les températures de saison ont été dépassées de 9 à 12 degrés. Ces événements extrêmes gagneront en intensité et en fréquence." La nouvelle municipalité déploie donc sur le long terme un salutaire plan de naturalisation et de verdissement. En attendant la végétalisation d’une cité du Jasmin réputée pour sa minéralité, le ciel de rue est une mesure d’urgence.
Un test de résistance est en cours"C’est un couvert - non végétal - en forme de feuilles où l’air peut circuler", a expliqué Mme Sanz. De la place des Laitiers à la place Castex, ces ombrières seront implantées sur trois zones du boulevard de juillet à septembre. Le dossier a été soumis pour avis à l’Architecte des bâtiments de France le 21 mai dernier et fera également l’objet du dépôt du dossier d’urbanisme requis. Son coût est chiffré à 75 406,40 € TTC.
Elles seront installées sur les filins du centre-ville sur lesquels reposent les décorations de Noël. Un test de résistance est en cours pour vérifier leur solidité et leur prise au vent afin d’assurer la sécurité des passants, que la municipalité espère nombreux. Les fortes hausses des températures estivales, parfois brutales, impactent en effet le commerce et nuisent à l’attractivité du cœur de ville.
Ce ciel de rue fait office de parade immédiate, une première mouture avant un verdissement plus profond. Car la transformation d’Agen, priorité de l’équipe Bruneau, s’inscrit nécessairement dans le temps. Un arbre ne pousse pas du jour au lendemain. "Je n’ai pas les glands de Panoramix", a plaisanté Amanda Sanz en faisant référence au Domaine des dieux du duo Goscinny-Uderzo. Elle a annoncé la volonté de la nouvelle équipe de développer le permis de végétaliser, en place depuis deux ans, qui autorise les habitants à planter devant leur façade.
"Un euro dépensé contre le réchauffement, c’est plus 6 euros de dégâts évités dans le futur"En forte progression (vingt permis signés en 2024, quarante en 2025, cinquante-deux en 2026), le dispositif sera complété avec la création d’une carte des permis de végétaliser, la mise en place de critères et d’indicateurs de suivi. Un budget de 49 400 € TTC est alloué. "Un euro dépensé contre le réchauffement, c’est plus 6 euros de dégâts évités dans le futur", a glissé son collègue Guilhem Mirande.
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À l’horizon de fin 2028, la ville ambitionne d’accélérer la transformation écologique avec, par exemple, la création de micro-forêts (l’indice canopée sur Agen est de 22 %, c’est-à-dire trop faible) sur de nouvelles placettes, la plantation d’arbustes sur le boulevard de la République. Elle songe également à des jardins suspendus et à une désimperméabilisation des rues. La gestion de l’eau sera de surcroît au centre de tous les projets. Agen passe au vert.
Si le rapport sur le verdissement d'Agen a été voté à l'unanimité, il a donné lieu à une joute politique feutrée. "Nous sommes déçus, nous pensions qu'au regard de vos sensiblités politiques, vous iriez plus loin que nous", lancé Clémence Brandolin-Robert. La cheffe de file de l'opposition a souhaité plus de précisions sur le plan de naturalisation : "Quid des cours d'école végétalisées ? Combien de m2 voulez-vous désimperméabiliser ? Nous, on en avait fait 20 000 m2 sur le mandat". Le premier adjoint Pierre Dupont lui a répondu : "Nous ne présentons pas un catalogue, mais une vision, une méthode, un cap, des objectifs. Il ne s'agit pas de végétaliser quand l'occasion se présente, à la petite semaine. Il s'agit de réfléchir et de coconstruire". Pour la majorité Marjorie Delcros a précisé que les cours des écoles maternelles et élémentaires Édouard Herriot bénéficieraient de ce verdissement. L'élu RN, lui, a taclé l'ancienne municipalité en dénoncant "son contresens écologique". Cette dernière a, selon lui, "imperméabilisé presque entièrement l'espace public". Il a également demandé la création d’arbres de pluie pour que les eaux pluviales s'infiltrent naturellement au pied des plantations.