Jusqu'au 31 août, les allées du parc de l'Hôtel de Ville de Villeneuve-sur-Lot accueillent une exposition à ciel ouvert monumentale et insolite, "L’art au singulier". Derrière ces œuvres, on retrouve Marie Patty, une...
Jusqu'au 31 août, les allées du parc de l'Hôtel de Ville de Villeneuve-sur-Lot accueillent une exposition à ciel ouvert monumentale et insolite, "L’art au singulier". Derrière ces œuvres, on retrouve Marie Patty, une artiste autodidacte qui réalise ses dessins à coups de millions de points de feutre.
Un petit groupe s’agite à travers le parc Clément-Frison-Roche, devant la mairie de Villeneuve. Entre les panneaux majestueux, on découvre les œuvres. Une jeune femme, pas des plus concentrées, va et vient, l’air un peu ailleurs. C’est pourtant grâce à elle que le jardin de l’Hôtel de Ville s’est transformé, pour cet été, en une immense galerie à ciel ouvert. Jusqu’à la fin août, les promeneurs et amateurs d’art contemporain sont invités à une déambulation artistique unique au fil des œuvres habitées de la Villeneuvoise Marie Patty. Une exposition inédite, intitulée "L’art au singulier".
La mère de Marie Patty au moment de l'inauguration.
DDM G.B.
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Une enfance d’ici et d’ailleursLe parcours de Marie Patty est tout sauf académique. Née en 1991 au Brésil, au sein du peuple autochtone guarani dans le Mato Grosso, elle est déracinée dès l’âge de deux ans. C’est en France qu’elle renaît et grandit, adoptée par une famille d’artistes. Élevée au milieu des toiles de maître, elle passe son enfance dans l’atelier de son père, Patty Laurent, un artiste peintre reconnu, dont elle hérite la fantaisie et le goût de la liberté absolue. De sa mère, avec qui elle forme aujourd’hui un binôme fusionnel à Villeneuve-sur-Lot, elle tire une foi inébranlable dans le beau.
Là où les mots manquent parfois à cette artiste timide et pudique, la peinture prend le relais comme un langage souverain. Inspirée par Matisse, Picasso ou Frida Kahlo, Marie Patty refuse la simple copie du réel. Elle impose sa propre vision en libérant les formes.
La poétique du point et de la patienceTechniquement, le travail graphique de Marie Patty relève de l’orfèvrerie. Armée de feutres de précision à encre pigmentée de 0,4 mm, elle sature le papier d’art à l’aide de milliers de points de couleur. Un procédé obsessionnel et d’une patience sacrée : chaque œuvre exige en moyenne un mois et demi de création continue, soit des centaines d’heures de précision millimétrée.
Marie Patty, une artiste singulière.
DDM G.B.
Sous ses doigts, cette dentelle de pigments fait resurgir les souvenirs inconscients et luxuriants de son Brésil natal : oiseaux multicolores et fleurs chamarrées y côtoient des silhouettes fantasmées aux traits asymétriques, véritable signature de l’artiste. Quant à l’usage subtil des fonds noirs, il n’évoque jamais l’obscurité, mais sert au contraire de révélateur pour propulser la vivacité des pigments au premier plan.
Pour la première fois, l’artiste a accepté de présenter une série de pièces totalement inédites (Jazz, Changement de saison, Le songe des Arlequins). Un voyage visuel bouleversant où sa différence devient sa plus grande force créative.