La diffusion des conseils municipaux de Villeneuve-sur-Lot est suspendue pour des raisons de sécurité informatique. La mairie promet une solution technique alternative, tandis que l’opposition dénonce une atteinte à...
La diffusion des conseils municipaux de Villeneuve-sur-Lot est suspendue pour des raisons de sécurité informatique. La mairie promet une solution technique alternative, tandis que l’opposition dénonce une atteinte à la transparence des débats.
Les conseils municipaux de Villeneuve-sur-Lot ne sont, pour le moment, plus diffusés sur internet.
DDM - Valentin Vié
Ceux qui avaient l’habitude de suivre les conseils municipaux de Villeneuve-sur-Lot sur la page Facebook de la mairie ont dû être surpris de ne pas pouvoir suivre la dernière séance, ce mardi. La Ville a décidé de suspendre leur diffusion en direct sur les réseaux sociaux.
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Le sujet a été soulevé par Geoffroy Gary, élu représentant du groupe d’opposition d’extrême droite, qui a rappelé les dispositions du règlement intérieur adopté par la commune. Citant l’article 18 : "Les séances du conseil municipal seront retransmises par vidéo en direct et visibles via le site de la Ville, son compte Facebook réalisé par les services municipaux."
"La sécurité informatique est devenue primordiale"Pour l’élu, l’absence de retransmission constitue un manquement aux règles en vigueur. Il a également regretté que Villeneuve-sur-Lot ait abandonné une pratique mise en place depuis plusieurs années alors que d’autres communes, comme Agen ou Marmande, continuent à diffuser leurs débats en ligne. Il y voit "une volonté politique de museler l’opposition municipale".
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Le maire Guillaume Lepers a rejeté toute motivation politique et insisté sur les risques croissants auxquels sont confrontées les collectivités locales. "La sécurité informatique est devenue primordiale. On a vu des mairies victimes de hackers. À mon arrivée, on m’a expressément conseillé de ne pas utiliser de serveurs privés pour diffuser en direct nos conseils, notamment via Facebook, qui est un réseau étranger. Des experts de la commune le confirment, c’est une vraie question de sécurité des données. On travaille donc à une autre solution, pour permettre la diffusion tout en garantissant la sécurité informatique, mais ça prend du temps. Ce n’est pas qu’on refuse la transparence, c’est qu’on doit protéger les informations publiques", a-t-il expliqué.
La direction des services a confirmé qu’une étude était actuellement en cours afin de trouver une solution technique alternative. La municipalité assure donc vouloir rétablir la diffusion des conseils municipaux, mais hors des réseaux sociaux. "On a demandé une étude sur la possibilité de sécuriser ces retranscriptions et ces retransmissions qui sont publiques et qui incombent à la mairie. On ne dit pas que ça ne sera pas refait, mais ça ne sera pas refait dans les mêmes pratiques que celles qui étaient antérieures."
Le maire a reconnu qu’à ce jour la commune ne disposait pas des moyens techniques nécessaires pour respecter les dispositions du règlement intérieur. "Techniquement, ce n’est pas possible ce soir", a affirmé Guillaume Lepers. "Si on ne parvient pas à le faire dans de bonnes conditions techniques et économiques, il faudra peut-être réviser le règlement intérieur", a ajouté l’édile.
"Vous opposez la sécurité et la démocratie"L’opposition n’a pas été convaincue par ces explications. "Vous opposez la sécurité et la démocratie", a rétorqué Geoffroy Gary.
Le maire se défend en dégainant l’argument financier d’une telle opération. "On ne s’oppose à personne, la parole reste ouverte à tous. Mais, concrètement, à ce jour, l’article du règlement n’est pas respecté faute de moyens techniques adaptés. Journalistes et public sont là pour relayer, les conseils n’ont jamais été aussi accessibles ; mais la diffusion directe sur des réseaux n’est pas possible tant qu’on n’a pas de solution technique sécurisée et financièrement raisonnable. Si certains veulent contester devant le juge, on assumera. Nous ne ferons pas n’importe quoi, ni à n’importe quel prix."
À titre d’exemple, la mairie de Sainte-Livrade, qui avait eu le même débat lors d’un récent conseil municipal, évoque un montant de 1 500 euros par séance pour pouvoir sonoriser, filmer et diffuser sur internet les débats.