Huit jours après l’incendie qui a ravagé 950 hectares entre l’Hérault et l’Aude, les représentants de la profession agricole se sont réunis à Pouzols pour dresser un premier bilan. Si les dégâts sur les exploitations...
Huit jours après l’incendie qui a ravagé 950 hectares entre l’Hérault et l’Aude, les représentants de la profession agricole se sont réunis à Pouzols pour dresser un premier bilan. Si les dégâts sur les exploitations restent en cours d’évaluation, les vignerons alertent déjà sur leurs difficultés et espèrent obtenir un fonds d’urgence, tout en regrettant le peu d’avancées depuis le méga-feu des Corbières en 2025.
L’incendie de Pouzols-Mailhac survenu le 1er juillet et parti de l’Hérault a ravagé 950 hectares en trois jours, attisé par une violente tramontane et de fortes températures. Une réunion à l’initiative du syndicat audois des vignerons, de la chambre d’agriculture, Vignerons indépendants et Coop de France a rassemblé les agriculteurs du secteur jeudi 9 juillet dans la salle surchauffée du foyer municipal de Pouzols.
L’opportunité pour le président du syndicat des vignerons de rappeler avec amertume : "Un an après le méga feu des Corbières, on n’a pas grand-chose, peu de changements concrets…" Et de regretter la déprise agricole : "Notre meilleur canadair c’est le vignoble !", rappelle Damien Onorré avant d’assurer travailler d’arrache-pied pour tenter de décrocher un fonds d’urgence et des allègements de charges, et d’inviter les assureurs présents à informer les vignerons inquiets.
Un fonds d’urgence ? Compliqué…"Le fonds d’urgence de l’année dernière avait été obtenu à cause de son ampleur, et de sa médiatisation a précisé Ludovic Roux. On ne va pas présager de sa réponse évidemment, mais on ne va pas se mentir, je pense que ce sera quasi impossible… Si on y arrive, tant mieux !" Reste qu’il n’avait concerné que le feu de Ribaute, pas les autres.
L’association des agriculteurs sinistrés, ouverte en 2018 pour les inondations, signe du changement climatique, a été réouverte. "Après discussion avec les présidents des chambres des départements voisins, touchés eux aussi par des incendies, notamment les Pyrénées-Orientales, on va partir ensemble faire un dossier économique, ce qui donnera des chiffres plus importants".
À l’instar du dispositif du méga feu des Corbières l’an dernier, la chambre a ouvert une enquête de recensement des impacts auprès des exploitants agricoles concernés depuis le 6 juillet. Les signalements restent pour l’instant limités, avec neuf réponses enregistrées.
"Dans le cadre de la gestion de crise, un dispositif d’écoute et d’orientation a également été mis en place. Les équipes de la Chambre d’agriculture sont mobilisées sur le terrain, avec une visite technique réalisée dans le secteur sinistré en lien avec la technicienne de la coopérative" a détaillé Marie Taudou cheffe de service pôle Stratégie des entreprises de la chambre.
21 hectares agricoles brûlésLes premiers résultats du recensement concernent principalement les communes de Mailhac, Pouzols et Paraza, sur des vignes et des oliviers. Pour l’instant, À ce stade, 21 hectares de cultures détruites ou brûlées, 28 hectares potentiellement impactés par les fumées et 39 hectares concernés par les retombées de retardant sont recensés, outre les dégâts sur les infrastructures agricoles, systèmes d’irrigation, les réseaux de goutte-à-goutte et les clôtures.
Un croisement entre la cartographie de l’incendie et celle du registre parcellaire graphique de la PAC, (toutes les surfaces agricoles ne sont pas déclarées à la PAC), permet d’obtenir une première estimation des surfaces agricoles situées à proximité immédiate du sinistre. Cette analyse met en évidence près de 158 hectares de surfaces agricoles potentiellement concernées, dont : 98,8 hectares de vigne ; 3,5 hectares d’oliviers ; 1,1 hectare de cultures fruitières ; ainsi que des surfaces de prairies, luzerne, jachères et autres espaces agricoles. Ces données restent à consolider, car elles ne reposent que sur des informations issues du secteur coopératif uniquement.
Christophe Roux, directeur du secteur Aude de l’ICV : "On est à un stade beaucoup plus précoce".
L'Indépendant - VD
Le retour d’expérience depuis le méga feu des Corbières est mis à profit cette année. L’ampleur de Pouzols n’a rien à voir avec celle de Ribaute. "On a déjà les cartes des zones d’emprise du feu et des zones de fumée. On n’est pas du tout sur le même schéma, en volume" a précisé Christophe Roux, directeur du secteur Aude de l’ICV. "On est à un stade beaucoup plus précoce. L’année dernière, on avait annoncé, qu’avant véraison, la pellicule des baies de raisin est plutôt imperméable aux molécules de goût de fumée. C’est-à-dire que la molécule se stocke dans la pruine, cette cire présente sur les baies. En séparant rapidement la pruine du jus, ce qui veut dire faire des blancs, des rosés, faire des macérations courtes, globalement, sur des fumées pas trop stagnantes, on s’en sort. L’année dernière, il n’y a pas eu des milliers d’hecto, de trucs à retravailler au niveau logistique. Donc c’est plutôt bon. Ce n’est pas la peine d’essayer de goûter des raisins pour savoir s’il y a des goûts de fumée, ça ne marche pas".