Ce lundi 29 juin 2026, le conseil communautaire de Perpignan Méditerranée Métropole a approuvé à l’unanimité la convention qui transfère à la collectivité la maîtrise d’ouvrage d’un projet d’envergure : celui de...
Ce lundi 29 juin 2026, le conseil communautaire de Perpignan Méditerranée Métropole a approuvé à l’unanimité la convention qui transfère à la collectivité la maîtrise d’ouvrage d’un projet d’envergure : celui de l’adducteur visant à sécuriser l’irrigation agricole dans la vallée de l’Agly, évalué à plus de 18 millions d’euros. Cependant, plusieurs élus ont appelé à la vigilance sur certains points.
C’est le maire de Saint-Féliu-d’Avall, Luc Tomas, qui s’est chargé de présenter la délibération phare du conseil communautaire de ce lundi. À savoir : celle portant sur le projet d’adducteur de 14 km visant à relier le canal d’arrosage de Latour-de-France à ceux d’Espira et de Rivesaltes. Destiné à sécuriser l’irrigation agricole dans la basse vallée de l’Agly, où le fleuve se tarit lors des périodes de forte sécheresse, le chantier du tuyau est évalué à plus de 18 millions d’euros. Mille hectares, dont 397 en aval d’Estagel, sont concernés.
"Ce projet est complexe et Perpignan Méditerranée Métropole (PMM) est apparue comme le meilleur échelon pour être chef de file et déposer les demandes de subventions, a expliqué Luc Tomas. Mais pour ce faire, il est nécessaire qu’une convention de transfert de maîtrise d’ouvrage soit signée avec les Asa (les associations syndicales autorisées qui gèrent les canaux d’irrigation, NDLR)."
C’est cette convention que les élus de la communauté urbaine étaient invités à valider ce lundi. Cependant, le débat qui a précédé le vote est allé bien plus loin. Il a permis à chacun de livrer son opinion sur le projet. Et si les orateurs qui se sont succédé se sont tous déclarés favorables à ce programme "essentiel à la survie des agriculteurs de la vallée de l’Agly", certains n’ont pas manqué de faire part de certaines inquiétudes.
Un reste à charge qui préoccupeLes élus ont notamment émis des interrogations au sujet du financement du projet, qui vise un taux de subvention de 75 %, mais pour lequel 4,5 millions d’euros resteraient a priori à la charge de Perpignan Méditerranée. Sans compter environ 2 millions d’euros de frais financiers.
"Le projet tel que présenté aujourd’hui ne correspond pas à ce qui était prévu au départ, a fait remarquer le maire de Saint-Estève, Robert Vila. Il a toujours été convenu que la différence entre le coût du projet et les subventions serait prise en charge par les Asa. La communauté urbaine ne peut pas porter ce coût toute seule."
L’élu solérien François Calvet a abondé dans le même sens. "Il faudrait voir comment on peut amoindrir la participation de PMM, a-t-il estimé. Je pense aussi qu’il serait intéressant que les zones de Saint-Estève et de Baixas ne soient pas oubliées."
On ne sait pas comment le karst va réagir
L’impact du projet sur le karst, un sous-sol calcaire rempli de poches d’eau utilisées pour l’alimentation des populations, était également au cœur de plusieurs interventions. En reliant le canal de Latour-de-France à ceux d’Espira et Rivesaltes, le tuyau permettrait en effet à l’eau destinée à l’irrigation de contourner le secteur d’Estagel, où se situe la faille via laquelle une partie du débit de l’Agly s’engouffre dans le fameux karst.
"On ne sait pas comment le karst va réagir. On ne le saura qu’à l’usage, a souligné le maire de Cases-de-Pène, Théophile Martinez. J’ai vu comment les agriculteurs de la vallée de l’Agly ont souffert de la sécheresse, mais il ne faut pas oublier que l’alimentation en eau potable des populations reste la priorité." Théophile Martinez n’en a pas moins voté en faveur du projet. Comme l’ensemble des autres conseillers communautaires.