Lors du derby entre Toulouse et les Dragons Catalans (16-18), la rencontre a duré 2 h 10, perturbée par de nombreuses interruptions et des problèmes techniques. Les recours fréquents à l’arbitrage vidéo ont ralenti le...
Lors du derby entre Toulouse et les Dragons Catalans (16-18), la rencontre a duré 2 h 10, perturbée par de nombreuses interruptions et des problèmes techniques. Les recours fréquents à l’arbitrage vidéo ont ralenti le jeu, suscitant frustration et incompréhension parmi les joueurs et le public.
"Il est quelle heure ?" La première phrase de John Cartwright, au moment de s’installer en conférence de presse après le derby entre Toulouse et les Dragons Catalans, n’avait rien d’anodin. En jetant un regard à sa montre, le technicien anglais a choisi l’ironie pour résumer son ressenti. Il peinait à croire que cette rencontre avait duré près de 2 h 10 pour aller à son terme. Un temps interminable pour un match de rugby à XIII, qui a fini par épuiser autant les acteurs que les spectateurs.
Ce derby n’a jamais vraiment trouvé son rythme. Les interruptions se sont accumulées : arrêts de jeu pour soigner des blessés, recours répétés à l’arbitrage vidéo entre James Vella et Matty Lynn, demandes de challenges formulées par les deux équipes… À force, le jeu s’est morcelé. Les séquences se sont allongées, les temps morts ont pris le pas sur l’intensité et la rencontre a perdu une bonne partie de sa fluidité. Au lieu de renforcer la qualité des décisions, ces coupures incessantes ont surtout donné l’impression de casser le spectacle.
Le contraste avec la NRL est frappant. En Australie, les décisions sont rendues rapidement, les images sont exploitables et les échanges entre l’arbitre central et la vidéo restent brefs. En Super League, le sentiment est tout autre. Les longues attentes deviennent presque une habitude, sans pour autant offrir davantage de certitudes. "On est presque toujours obligé de suivre la décision de l’arbitre, car la qualité de l’image est vraiment mauvaise. À moins qu’ils n’aient de meilleures images que les miennes. Mais c’est très difficile d’affirmer que l’arbitre s’est trompé avec des images aussi granuleuses. C’est vraiment compliqué", concède le coach des Dragons Catalans.
Quand rien ne va, rien ne vaAu-delà de la frustration liée aux décisions arbitrales, c’est la durée globale de la rencontre qui a marqué le technicien anglais. "J’ai eu de la pitié pour les joueurs et, à la fin, pour le public. Le match m’a paru interminable", souffle-t-il, avant d’énumérer une série d’incidents aussi surprenants qu’embarrassants. "En plus de tout ça, il y a eu quelques incidents en deuxième mi-temps. Le chronomètre ne fonctionnait pas, donc on ne savait pas combien de temps il restait pour synchroniser nos changements. Le tableau d’affichage était également hors service et n’affichait pas le score…"
Autant de dysfonctionnements difficiles à comprendre à ce niveau de la compétition. Sans chronomètre fiable ni tableau d’affichage opérationnel, les staffs ont dû improviser pour gérer les rotations et adapter leur stratégie. Une situation inhabituelle qui a nourri l’agacement des deux bancs, déjà lassés par les interruptions à répétition. Au bord de la pelouse, l’incompréhension était palpable.
Au coup de sifflet final, le résultat (16-18) est presque passé au second plan tant la durée et le déroulement de cette partie ont alimenté les discussions. Plus qu’un simple derby, cette soirée a mis en lumière les limites d’un fonctionnement qui interroge de plus en plus en Super League. Si l’assistance vidéo a pour vocation de réduire les erreurs, encore faut-il qu’elle s’appuie sur des moyens techniques à la hauteur et qu’elle ne transforme pas chaque décision en interminable séquence d’attente. À Toulouse, c’est précisément ce sentiment qui dominait : celui d’un spectacle haché, privé de son rythme et de son intensité, au point de faire perdre patience aux joueurs, aux entraîneurs et au public.