Sous des trombes d'eau, les Dracs se sont imposés à Ernest-Wallon, ce samedi (16-18). Un match marqué par l'intensité physique entre deux équipes qui voulaient en découdre pour prendre les devants au classement. À ce...
Sous des trombes d'eau, les Dracs se sont imposés à Ernest-Wallon, ce samedi (16-18). Un match marqué par l'intensité physique entre deux équipes qui voulaient en découdre pour prendre les devants au classement. À ce petit jeu, les Dragons ont été plus solides.
Si les éléments se sont affolés dès le coup d'envoi, faisant jouer les 26 acteurs sous un rideau de pluie, ce n'était pas pour gratifier du meilleur des spectateurs ce derby français, ce samedi soir. Mais plutôt pour offrir une revanche parfaite aux Dragons Catalans face à Toulouse. Celle qui lave l'affront d'une humiliation subie il y a trois semaines, et des petites provocations qui en ont suivi.
Parce que la victoire (16-18) des joueurs de John Cartwright ce samedi sur la pelouse du Toulouse Olympique n'a été que le fruit d'une intense débauche d'énergie, d'un immense défi physique remporté au gré d'une réaction d'orgueil qui s'est traduite sur chaque impact, plutôt qu'à une orgie de jeu. Huit en-avants au total dans la première mi-temps, vingt ballons échappés sur l'ensemble du match, douze pénalités en quarante minutes, un match haché par les innombrables arbitrages vidéos faisant durer la partie près de deux heures et quart, des échauffourées en début de match : une vraie rencontre à l'ancienne dictée par la pluie.
L'orage a ainsi freiné le jeu, mais pas douché les envies de Dragons qui se sont motivés toute la journée pour rester le premier club du rugby à XIII français. Et c'est chose faite, même si le TO XIII a fait meilleure impression en début de match, restant fidèle à lui-même. Il a mis la pression dans l'en-but sang et or passant proche de l'essai (9e) mais se contentant d'une pénalité, puis a enchaîné trois "six again" dans les 10 mètres catalans (21e). Et, comme un symbole, ce sont les Dragons Catalans qui sont sortis vainqueurs de cette séquence.
20 minutes à résister à des Toulousains revenus à quatre pointsJamais brillants mais toujours propres, les Dracs se sont donc sortis d'un drôle de bras de fer grâce à certains joueurs moteurs, des sortes de leaders caractériels qui voulaient absolument se rebiffer. Tommy Makinson, d'abord, qui avait sonné la charge dans les airs pour apporter le premier danger catalan (5e), avant de passer la ligne quelques minutes plus tard en étant encore une fois le plus prompt dans les airs (15e). Et d'y aller de son doublé en bout de ligne en milieu de seconde période (68e). Guillermo Aispuro-Bichet aussi, solide au fond du terrain et dans ses relances, a fait un petit break pour les Dragons juste avant la mi-temps en attaquant la ligne aux 25 mètres comme un grand pour inscrire le deuxième essai sang et or (39e).
Les avants aussi semblaient en avoir gros sur la patate, mais Toby Sexton encore plus. Il fut l'un de ceux les plus vexés par la déroute de Castres, et s'est déméné pour attaquer la ligne ou apporter le danger. Il est à l'origine du jeu au pied sur l'essai de Makinson, a percé sur 20 mètres à la 26e minute, et a été proche de l'essai à la 63e minute.
Une fois n'est pas coutume, les Dragons ont mêlé les paroles aux actes en affichant un vrai caractère. D'autant qu'ils ont su résister à la menace toulousaine pendant 20 minutes durant lesquelles le TO XIII demeurait à quatre petits points après l'essai de Roméo Tropis (8-12, 49e). Et tout cela sans l'un des joueurs les plus fiables des Dragons cette saison : Solomona Faataape, blessé en début de seconde période sur sa première réaccélération.
Les Dragons ont mis les bons ingrédients pour faire tomber une équipe en forme. L'orage n'a pas duré 80 minutes, mais l'énergie collective est restée la même. Ce sera la satisfaction de John Cartwright. Celle des Dragons sera d'avoir lavé leur honneur et de rester devant Toulouse à l'issue de cette journée. Les standings sont respectés.