Les Dragons Catalans ont pris leur revanche à Toulouse samedi soir (16-18), grâce à une intensité retrouvée et du sérieux en défense.
Les Dragons Catalans ont pris leur revanche à Toulouse samedi soir (16-18), grâce à une intensité retrouvée et du sérieux en défense.
Pour leur deuxième saison commune en Super League, les Dragons Catalans et le Toulouse Olympique ont définitivement changé de dimension dans leur relation. La fraternité des débuts a laissé place à une véritable rivalité, tout simplement parce que, contrairement à 2022, le TO existe désormais sportivement et bouscule les Catalans.
Il y a trois semaines à Castres, les Toulousains avaient infligé une véritable correction aux Dragons (60-18). Un score retentissant qui avait marqué le rugby à XIII français. Cette démonstration avait des allures de revanche pour les hommes de Sylvain Houlès, frustrés de leur défaite à Gilbert-Brutus trois mois plus tôt (33-26), où ils avaient eu le sentiment de s’être fait "voler" une victoire.
Les coéquipiers d’Anthony Marion n’avaient pas manqué de lancer les hostilités avant le derby du Magic week-end en déchirant des photos des Dragons Catalans et en se surmotivant au maximum. Cela avait marché. Mais lorsqu’on alimente une rivalité, il faut aussi accepter le risque du retour de flamme.
Samedi soir, à Ernest-Wallon, les Dragons avaient retenu la leçon. Plus agressifs, plus rigoureux et surtout plus solidaires, les Catalans ont remis l’église au milieu du village en s’imposant avec mérite (16-18). Une victoire qui leur permet de remporter deux des trois derbys de la saison et qui devrait également leur assurer de terminer devant le TO au classement.
Pour Benjamin Garcia, cette réaction n’avait rien d’un hasard. "On a retrouvé un peu cette agressivité qui manquait, de bouger ensemble, les connexions… Quand on bouge comme ça, quand on prépare bien un match, et quand on a envie de gagner, je pense qu’on est capable de le faire. On l’a montré à domicile contre Hull KR et contre Warrington, et là on est venu gagner ici."
Ça fait du bien. On a mis les bases pour gagner ce match.
Cette agressivité retrouvée s’est reflétée dans les gros plaquages de Franck Maria, Josh Allen ou encore Edenn Rogers-Smith. Une prestation à mille lieues de celle livrée une semaine plus tôt à St Helens. "Ça fait du bien. On a mis les bases pour gagner ce match", reconnaissait le capitaine catalan.
Mais cette intensité catalane n’a pas trop plu dans le camp toulousain. "Quand je vois la première chandelle et que je vois Rogers-Smith foncer dans Olly (Ashall-Bott, NDLR), tu vois qu’ils sont venus pour le péter. Et derrière, je trouve que l’arbitrage n’a pas protégé nos joueurs. C’est un peu bizarre…", pestait Sylvain Houlès, le coach du TO.
Au-delà de cette frustration, les Toulousains ont surtout souffert dans le combat physique. James Roumanos s’est cassé le nez sur le premier plaquage de Benjamin Garcia, Lambert Belmas est sorti sur commotion et les profils les plus massifs du TO, comme John Toleafoa, n’ont jamais réussi à peser sur une pelouse détrempée. "En plus, j’ai trouvé qu’ils ont tout fait pour ralentir le jeu au maximum. Certainement parce qu’ils pensaient qu’ils ne tiendraient pas sur la durée avec notre vitesse de jeu", poursuivait le coach toulousain.
Qu’il s’agisse d’une stratégie assumée ou simplement de la conséquence de leur engagement, les Dragons ont imposé le rythme qu’ils souhaitaient. Au-delà de la rivalité régionale, ce succès pourrait compter dans une hypothétique remontada dans la course au Top 6. Les Catalans restent à six points, mais les contre-performances récentes de Warrington, Hull KR et St Helens entretiennent l’espoir. Surtout, ils ont retrouvé une agressivité et une identité qui leur faisaient défaut depuis plusieurs semaines. En revanche, la perte pour plusieurs semaines du centre Solomona Faataape (déchirure) risque de faire mal…