La nouvelle défaite subie par les Dragons Catalans ce samedi face à Leeds (6-28) met en exergue la différence de niveau entre une équipe solide du top 6 et des sang et or revigorés par leur visage affiché en seconde...
La nouvelle défaite subie par les Dragons Catalans ce samedi face à Leeds (6-28) met en exergue la différence de niveau entre une équipe solide du top 6 et des sang et or revigorés par leur visage affiché en seconde période pour repartir au charbon et aller défier St Helens.
Une première mi-temps où les Dragons n’ont pas semblé être invités ; une seconde disputée avec davantage d’orgueil et d’engagement. Les Dragons ont affiché deux visages assez distincts ce samedi contre Leeds. Deux visages pour un même résultat : une défaite qui aurait pu être bien plus lourde avec zéro point inscrit jusqu’à la 80e minute, Ugo Tison sauvant l’honneur (6-28).
Et même si ce n’est qu’anecdotique de s’incliner 28-6 plutôt que 28-0, dans les faits, cet écart légèrement réduit récompense quelque peu les efforts collectifs qu’ont tenté de déployer les Catalans en seconde période. L’agressivité mise dans le sillage d’Edenn Rogers-Smith et de Léo Darrélatour a permis de réveiller des sang et or qui, même s’ils étaient inférieurs physiquement, ont tenté de lutter et de résister avec deux remplaçants en moins après les blessures de Romain Navarrete (main) et Harvey Wilson (genou) en première mi-temps. "On avait demandé une réponse la semaine dernière, je pense que physiquement on l’a reçue, mais il reste encore beaucoup à travailler, constate le coach John Cartwright. On a vu une attitude différente, mais c’est le minimum."
Pourtant, même si, de manière générale, les sang et or ont senti une amélioration dans l’engagement, il en demeure tout de même que la première mi-temps laissait présager une soirée très, très longue. Les contacts étaient à l’avantage des Anglais, le plaquage sur Lewis Dodd amenant le premier essai de Brodie Croft en est d’ailleurs la preuve, les deux ballons volés en l’air par Leeds – sans conséquence pour les Dracs – aussi (31e, 40e), sans compter la panoplie de chiffres en faveur de Leeds.
"Plus tenir le ballon"Le 0-16 de la première mi-temps laissait ainsi craindre une nouvelle claque. Mais le 6-12 de la deuxième montrait, lui, simplement que les Dragons sont à leur place dans cette Super League face à ce qui se fait de mieux. "On sent qu’ils ne sont pas premiers pour rien. Ça va vite, conçoit le talonneur Ugo Tison. Dès qu’ils ont l’occasion, ça perce, ça marque. Ils sont physiques, ils jouent bien et, contre une équipe comme ça, c’est vrai qu’ils jouent tellement bien que c’est compliqué de déjouer leurs attaques, mais on a fait le maximum. Nous, on est beaucoup moins justes. Mais je pense que, dans l’agressivité, on leur a rendu la monnaie de leur pièce. On leur a mis quelques caramels, comme on dit." Franck Maria et Edenn Rogers-Smith en sont les principaux artisans. Il n’en reste pas moins que les Rhinos ont continué à passer au centre du terrain avec des piliers ultra-véloces et puissants. "Ils basent leur jeu sur ça. On savait que si on ne les égalait pas dans ce secteur, ce serait une soirée très difficile. Et ils nous l’ont parfois fait payer", résume le coach catalan.
Les Catalans ont tenté de réagir, de quoi nourrir quelques motifs de satisfaction depuis samedi soir. En fin de match, ils ont tenté d’imposer un peu plus de séquences, avec un essai et deux échecs à cinq mètres de l’en-but, ainsi qu’une possession passée de 40 % à 45 % lors des dix dernières minutes. Mais là encore, sur 80 minutes, ce n’est pas assez consistant : "Il nous faut plus tenir le ballon pour mieux exister. On n’a pas assez de chaînes complétées pour exister à ce niveau", regrette Cartwright. À titre de comparaison, lors du très bon match des Dragons à Warrington (18-16), ils étaient à 87 % de chaînes complétées ; ce samedi, 63 %.
De la maîtrise du ballon à la densité physique, sans oublier la constance dans l’engagement, les Dragons ont ciblé ce qu’il leur manque pour rivaliser pleinement avec une équipe du top 6. Vendredi prochain, St Helens en est une autre. Mais les Saints affichent une domination bien moins marquée que Leeds. Pour preuve, leur défaite sèche contre Toulouse, ce dimanche (0-46), en ne comptant que quatre titulaires habituels opérationnels. L’occasion peut-être idéale de montrer que ces Dragons méritent un peu mieux que leur place actuelle, 8e, où Leeds les a cloués à six points de la 7e place et quatre de la 9e.