Super League/19e journée. Face à des Saints pourtant amoindris, les Dragons si pâles et sans inspiration, se sont pris les pieds dans le tapis. Avec cette quatrième défaite consécutive, la qualification s’éloigne un...
Super League/19e journée. Face à des Saints pourtant amoindris, les Dragons si pâles et sans inspiration, se sont pris les pieds dans le tapis. Avec cette quatrième défaite consécutive, la qualification s’éloigne un peu plus.
Les blessures de l’orgueil ne cicatrisent généralement jamais en une semaine. Et pourtant… Dans les travées de St Helens, le silence laissé par le cruel 46-0 encaissé face à Toulouseil y a huit jours résonnait encore, comme un écho venu d’un passé que le club n’avait plus connu depuis 1980 (Widness 19-0). Alors, lorsque les Dragons se sont présentés hier, le vent avait déjà tourné. Il ne soufflait plus la résignation. Mais la colère. Une colère froide, patiemment entretenue, qui n’attendait qu’un adversaire pour se libérer. Les Catalans se sont retrouvés face à une équipe en quête de rédemption, décidée à effacer l’affront et à rendre à son public la fierté éparpillée. Hier les Saints ont pansé leurs plaies en frappant fort, et les Dragons ont été emportés dans la tempête. Sans combattre. Incapables de résister à la furia de Saints, fortement remaniés (voir échos). Néanmoins à la demi-heure, lorsque Cotric inscrivait le premier de ses deux essais (6-12), on se disait que les augures allaient sourire. Mais non, une charnière sans inspiration, un squad dénué d’énergie et d’envie, les Perpignanais ont été emportés par l’enthousiasme local. Avec cette quatrième défaite de rang, on n’est pas loin de jeter le parasol et les tongs dans le coffre direction la plage, car la qualification parmi les six premiers est très fortement compromise. Et ce n’est pas le visage blafard des Catalans qui va rassurer les supporters. Eux qui ont subi leur troisième revers en trois sorties face aux locaux cette saison, après les deux lourdes leçons en Cup (34-6) comme en championnat (36-4).
Doublé de Cotric
Pourtant, ça commençait fort côté « sang et or », Aispuro-Bichet détalait sur l’aile dans une formidable course à l’amour et servait Staines qui n’avait plus qu’à s’affaler dans l’enbut. Les Dragons, étaient devant mais restaient sous la menace de cette équipe de St-Helens tellement remaniée et amoindrie. Après un temps fort mal exploité, enveloppé de deux « six-again », ils se faisaient malheureusement cueillir par Cartwright qui ramenait les siens à hauteur (6-6, 19). Et des tribunes ravinaient les premiers chants des supporters des Saints, pas peu fiers de la résistance et parfois le panache de son jeune squad. Disons le, on s’attendait à bien mieux des Perpignanais sans véritable ligne directrice, ni patron dans ce début de match. Mais à la demi-heure de jeu, Faataape empoignait le cor et sonnait la révolte. Enfin. Il perçait sur trente mètres, le jeu rebondissait sur Leeming qui écartait sur Laguerre qui décalait Cotric, l’un des plus percutants depuis l’entame de match. L’ailier évitait deux défenseurs pour planter son museau dans le gazon (6-12, 30).
Mais l’équilibre était fragile. La preuve à la reprise, l’ailier Campbell, numéro 41, et ses quatre poils au menton, appelé de la dernière heure et élu joueur du match, égalisait avant que Robertson, deux minutes plus, devançait tous les Catalans, profitant de l’astucieux coup de pied Humphreys. En deux minutes, les Saints venaient de faire fondre le maigre avantage de Catalans, le moral dans le tambour à linge. Pire, ils passaient la tête devant (18-12, 46). Et on n’était pas loin de la débâcle lorsque Humpreys, 75 kg, tout mouillé, accélérait et grillait toute la défense catalane pour offrir à Welsby un troisième essai en six minutes (24-12, 48). Une horreur. Dans la tribune, John Cartwright, le coach des Dracs, semblait s’affaissait un peu plus sur son siège. À peine se redressait-il lorsque Cotric marquait acrobatiquement un peu plus loin. Alors qu’on pensait les Dragons avoir enfin retrouvé de jolies couleurs aux joues, patatras, la défense volait encore en éclat et le jeune ailier Campbell, dont c’était le baptême en Super League, y allait de son doublé (28-18, 60). Tout était à refaire pour les Dracs, bien fiévreux et sans énergie. Qui ne reviendront jamais et encaissait un dernier essai à la sirène. À oublier très vite.
De St-Helens, Arnaud Hingray