Super league/19e journée. John Cartwright, le coach des Dragons, n’a pas caché sa colère après la lourde défaite des Dragons face à un St-Helens pourtant privé de seize joueurs. Un nouveau revers inquiétant qui...
Super league/19e journée. John Cartwright, le coach des Dragons, n’a pas caché sa colère après la lourde défaite des Dragons face à un St-Helens pourtant privé de seize joueurs. Un nouveau revers inquiétant qui compromet sérieusement les chances de qualification. Avec quatre revers de rang, huit points de retard sur le Top 6 et un déplacement périlleux à Toulouse, les Dracs broient du noir.
Finalement, la seule demi-lune qui se dessina sur son visage après le coup de sifflet final, c’est quand, la presse anglaise l’interrogea sur la prestation de son fils, Jed (29 ans), auteur du premier des six essais des Saints un peu plus tôt. « C’était spécial pour moi, bien sûr que je souhaite qu’il réalise les meilleurs matches, mais s’il avait pu éviter face à nous ». Même si c’est un homme de peu de mots, John Cartwright, le nouvel entraîneur australien depuis huit matches (3 succès pour cinq défaites), n’a que très peu goûté la prestation de ses joueurs, face à une équipe de St-Helens qui affichait tout de même seize absents. Et qui a vu le petit ailier Jack Campbell, 18 ans seulement, appelé dans la matinée de la rencontre, planter deux essais. En creux, c’était presque le moment idéal de les affronter, eux qui avaient été humiliés une semaine plus tôt sur leurs terres, par Toulouse 46-0. Et la bonhomie du « boss » avait des limites lors du retour de ses joueurs dans les vestiaires. « Ça a un peu chauffé oui », retenait un des suiveurs de l’équipe. Et comment pourrait-il en être autrement ! Car il a manqué de tellement de choses aux Dragons vendredi soir. D’envie, d’enthousiasme, de vitesse, de justesse… Encaissant notamment trois essais en six minutes en début de deuxième période, les précipitant vers l’enfer. « Oui nous n’avons pas été au niveau ces dix minutes-là. Je crois que, depuis que je suis ici, il nous est arrivé trois ou quatre fois d’encaisser trois ou quatre essais en l’espace de dix minutes. Il faut vraiment s’interroger sur notre situation en tant que groupe. Ce genre de chose est inacceptable. C’est une question d’attitude, de volonté, d’envie et de capacité à surmonter les moments difficiles. Nous avons manqué d’exigence, de confiance, d’énergie. Nous aurions dû davantage marquer en première période. Nous déplorons trop de mauvais choix sur le terrain. Bien sûr que c’est inquiétant », se désole l’ancien entraîneur de Hull FC, au regard notamment des 56 % de chaînes complétées dans le second acte. Une récurrence après les 50 % une semaine plus tôt contre Leeds, toujours lors du second acte.
Les Français, audacieux dessein
Lestés d’une vilaine série de quatre revers consécutifs (Warrington, Toulouse, Leeds et St-Helens), les Dracs ont sérieusement hypothéqué leur chance de qualification. Il reste désormais huit matches au calendrier et dont cinq déplacements et les Catalans accusent huit points de retard sur Leigh et St-Helens. Autant dire que même en faisant la roue jusqu’à Lourdes, les augures semblent bien troubles. « Nous n’avons que trop peu de temps pour nous entraîner. Avec tous ces déplacements, c’est compliqué de répéter les skills, les mouvements et ainsi développer une cohésion collective ». Et de revenir sur son effectif qu’il estime trop rikiki, et qui a encore perdu Léo Darrelatour (adducteurs) mais pas Edenn Rogers-Smith, malgré un coude bandé hier matin au retour à l’aéroport de Carcassonne. « Les choix s’imposent à nous. Nous faisons avec les joueurs que nous avons. La saison prochaine, c’est sûr il faudra cibler d’autres profils, un peu plus expérimentés. Le club a déjà avancé sur le recrutement, ça va dans le bon sens », poursuit John Cartwright (60 ans) qui devrait prolonger sur les berges de la Méditerranée la saison prochaine. Mais avant de se projeter sur demain, il faut d’abord boucler la présente.
Mais avant de penser à l’avenir, les Dragons doivent sauver ce qui peut encore l’être. Avec un bilan de huit victoires pour onze défaites, la saison s’enlise et le temps presse. « C’est à moi de trouver les solutions pour que nous jouions notre chance jusqu’au bout », assure encore John Cartwright.
Reste à savoir si les Catalans y croient encore eux-mêmes. Car le calendrier leur réserve désormais un déplacement à Toulouse, théâtre, il y a seulement deux semaines, d’une véritable débâcle (18-60). Une nouvelle contre-performance et les espoirs de phase finale pourraient définitivement s’évanouir. Et les deux derniers mois de compétition paraître une éternité. Peut-être l’occasion de s’appuyer encore plus sur les Français. Sûr que le public adhérerait à cet audacieux dessein !