Le plus difficile n'est pas de les trouver — ils sont classés, référencés, parfois célèbres. Le plus difficile est d'y entrer sans s'arrêter sur le seuil pour regarder. Un plafond peint, un reflet dans un miroir biseauté, une dorure qui accroche la lumière : il suffit de pousser la porte de ces six cafés, brasseries et restaurants à travers la France pour changer de siècle.
Lyon, miroirs, jolis miroirs
Le Grand Café des Négociants occupe la même adresse depuis 1864, dans la presqu'île classée à l'Unesco, et son décor Second Empire n'a pas bougé : plafonds moulurés, tentures bordeaux, miroirs à perte de vue.
Au XIXe siècle, les diamantaires et les soyeux lyonnais venaient y traiter leurs affaires en s'envoyant des signes discrets d'une table à l'autre via les reflets des glaces. Aujourd'hui, les miroirs servent surtout à vérifier qu'on est bien là.
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Toulouse, la table de Jaurès
Sur la place du Capitole, Le Bibent a ouvert vers 1843 et s'est offert un nouveau décor en 1882 : stucs, fresques, lustres de Murano, camaïeu de vert, de rouge et d'or dans le plus pur style Napoléon III, classé depuis 1975.
Jean Jaurès, alors conseiller municipal, venait y écrire ses articles pour La Dépêche. À une table voisine, en 1914, trois étudiants serbes auraient planifié l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand. L'histoire ne dit pas s'ils ont commandé un café.
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Nantes, le décor de Demy
Face au théâtre Graslin, La Cigale a ouvert le 1er avril 1895 dans un décor Art nouveau signé Émile Libaudière, architecte-céramiste qui a tapissé les murs de faïences, de mosaïques et de miroirs, avant d'installer un bar en chêne massif sous un plafond où se croisent cigales dorées et motifs floraux.
Les surréalistes y avaient leur table, et Jacques Demy y a tourné des scènes de Lola en 1961 — le décor est classé depuis 1964, mais on y entre encore comme dans un film.
Bordeaux, les faïences persanes
La Belle Époque, allée d'Orléans près de la place des Quinconces, était un hôtel au XIXe siècle. Vers 1880, le céramiste Amédée Caranza y a posé un décor de faïences turquoise inspirées de la Perse, fabriquées par la manufacture Vieillard.
Les motifs orientaux courent sur les murs et les plafonds, étrangement intacts dans cette brasserie bordelaise où l'on sert désormais des huîtres du bassin. Dehors, la Garonne ; dedans, un air d'Ispahan.
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Moulins, le plus beau café de France
Le Grand Café s'est installé place d'Allier en 1899, dans un style Rocaille assumé : miroirs immenses, pilastres en stuc, verrière colorée et fresque au plafond signée Auguste Sauroy.
Le fondateur, un ancien garçon de café passé par la brasserie Lipp à Paris, y a englouti 250 000 francs or pour créer un décor digne d'une salle d'opéra. L'investissement a tenu : l'endroit est classé depuis 1978 et régulièrement cité parmi les plus beaux cafés du pays.
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Paris, face à l'Opéra
Le Café de la Paix a ouvert en 1862, dans le sillage des travaux d'Haussmann, face à l'Opéra Garnier qui n'existait pas encore. L'architecte Alfred Armand a dessiné un décor Napoléon III à la mesure du quartier : plafonds peints, lambris dorés à la feuille d'or, lustres en cristal.
L'impératrice Eugénie, en découvrant les lieux, se serait exclamée : "C'est exactement comme chez moi." Zola, Maupassant, Oscar Wilde et Hemingway y ont eu leur table. Le décor est classé depuis 1975, et la terrasse donne toujours sur le Palais Garnier.
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On les trouve à Lyon, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Moulins, Paris. Ces six restaurants classés du XIXe siècle ont traversé les décennies sans perdre de leur lustre ni de leur charme. On y va pour déjeuner, on finit par oublier de regarder son assiette.
Le plus difficile n’est pas de les trouver — ils sont classés, référencés, parfois célèbres. Le plus difficile est d’y entrer sans s’arrêter sur le seuil pour regarder. Un plafond peint, un reflet dans un miroir biseauté, une dorure qui accroche la lumière : il suffit de pousser la porte de ces six cafés, brasseries et restaurants à travers la France pour changer de siècle.
Lyon, miroirs, jolis miroirsLe Grand Café des Négociants occupe la même adresse depuis 1864, dans la presqu’île classée à l’Unesco, et son décor Second Empire n’a pas bougé : plafonds moulurés, tentures bordeaux, miroirs à perte de vue.
Au XIXe siècle, les diamantaires et les soyeux lyonnais venaient y traiter leurs affaires en s’envoyant des signes discrets d’une table à l’autre via les reflets des glaces. Aujourd’hui, les miroirs servent surtout à vérifier qu’on est bien là.
Toulouse, la table de Jaurès
Sur la place du Capitole, Le Bibent a ouvert vers 1843 et s’est offert un nouveau décor en 1882 : stucs, fresques, lustres de Murano, camaïeu de vert, de rouge et d’or dans le plus pur style Napoléon III, classé depuis 1975.
Jean Jaurès, alors conseiller municipal, venait y écrire ses articles pour La Dépêche. À une table voisine, en 1914, trois étudiants serbes auraient planifié l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand. L’histoire ne dit pas s’ils ont commandé un café.
Nantes, le décor de Demy
Face au théâtre Graslin, La Cigale a ouvert le 1er avril 1895 dans un décor Art nouveau signé Émile Libaudière, architecte-céramiste qui a tapissé les murs de faïences, de mosaïques et de miroirs, avant d’installer un bar en chêne massif sous un plafond où se croisent cigales dorées et motifs floraux.
Les surréalistes y avaient leur table, et Jacques Demy y a tourné des scènes de Lola en 1961 — le décor est classé depuis 1964, mais on y entre encore comme dans un film.
Bordeaux, les faïences persanesLa Belle Époque, allée d’Orléans près de la place des Quinconces, était un hôtel au XIXe siècle. Vers 1880, le céramiste Amédée Caranza y a posé un décor de faïences turquoise inspirées de la Perse, fabriquées par la manufacture Vieillard.
Les motifs orientaux courent sur les murs et les plafonds, étrangement intacts dans cette brasserie bordelaise où l’on sert désormais des huîtres du bassin. Dehors, la Garonne ; dedans, un air d’Ispahan.
Moulins, le plus beau café de France
Le Grand Café s’est installé place d’Allier en 1899, dans un style Rocaille assumé : miroirs immenses, pilastres en stuc, verrière colorée et fresque au plafond signée Auguste Sauroy.
Le fondateur, un ancien garçon de café passé par la brasserie Lipp à Paris, y a englouti 250 000 francs or pour créer un décor digne d’une salle d’opéra. L’investissement a tenu : l’endroit est classé depuis 1978 et régulièrement cité parmi les plus beaux cafés du pays.
Paris, face à l’Opéra
Le Café de la Paix a ouvert en 1862, dans le sillage des travaux d’Haussmann, face à l’Opéra Garnier qui n’existait pas encore. L’architecte Alfred Armand a dessiné un décor Napoléon III à la mesure du quartier : plafonds peints, lambris dorés à la feuille d’or, lustres en cristal.
L’impératrice Eugénie, en découvrant les lieux, se serait exclamée : « C’est exactement comme chez moi. » Zola, Maupassant, Oscar Wilde et Hemingway y ont eu leur table. Le décor est classé depuis 1975, et la terrasse donne toujours sur le Palais Garnier.
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L’article cite Le Grand Café des Négociants à Lyon, Le Bibent à Toulouse, La Cigale à Nantes, La Belle Époque à Bordeaux, Le Grand Café à Moulins et le Café de la Paix à Paris.
Ils se trouvent à Lyon, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Moulins et Paris. L’article les présente comme des établissements classés du XIXe siècle répartis dans plusieurs grandes villes françaises.
Ils ont traversé les décennies sans perdre leur décor d’origine ou leur lustre. L’article insiste sur leurs stucs, mosaïques, dorures, miroirs, faïences et autres éléments de style conservés.
On y voit notamment du style Second Empire, Napoléon III, Art nouveau et Rocaille. Les décors sont composés de plafonds peints, fresques, miroirs, mosaïques, faïences et dorures.
Oui, plusieurs de ces décors sont classés, avec des dates mentionnées dans l’article. C’est le cas notamment du Bibent, de La Cigale, du Grand Café de Moulins et du Café de la Paix.